• Un pavé sur les difficultés de l'allaitement ...et leurs solutions

    Hier soir, je suis allée au cinéma pour la première fois depuis la naissance de poussinette. Enfin non, j'étais déjà retournée au cinéma pendant qu'elle était à la crèche, mais de fait, jamais en soirée. Pourquoi ? Je voulais privilégier le moment du câlin du soir (vous savez, j'ai parlé hier de la séparation...) qui comporte une longue tétée. Et bien je suis partie confiante, j'ai passé une très bonne soirée et on s'est rattrapées ce matin avec une tétée-câlin  :)

    Je suis allée voir "La voie lactée", un documentaire qui pose la question du taux d'allaitement extrêmement bas aux États-unis et recherche des solutions pour mieux accompagner les mères. J'ai beaucoup apprécié le film, même s'il ne concerne pas la France (on peut quand même mettre les choses en perspective) et que le rythme est assez rapide (je ne vous raconte pas l'enchaînement de sous-titres en 52min... et pourtant j'adore voir les films en VO !).

     

    Maux de l'allaitement et solutions


    La projection s'est suivie d'un débat, et ce que j'ai retenu après le témoignage des mamans de la salle est que la lactation est naturelle, mais que l'allaitement n'est pas si évident à mettre en place. Ainsi vient mon tout premier conseil pour celles qui passent par ici et auraient besoin de soutien : entourez-vous de personnes bienveillantes qui accepteront vos choix et sauront vous guider ou vous épauler en cas de besoin. N'ayez pas peur (ou n'attendez pas, comme moi) d'aller voir une consultante en lactation, de téléphoner à une animatrice la Leche league, à votre mère, votre soeur, votre amie qui a allaité même si vous n'êtes pas tellement proche.

    Malheureusement quand ça ne va pas, ces personnes vont parfois s'inquiéter pour vous et vous donner des conseils que vous ne voulez pas entendre. Dans mon cas, j'ai entendu "mais pourquoi tu te fais du mal ?!", "t'as vraiment l'air épuisée, tu devrais arrêter d'allaiter", "t'es un peu maso, non ?". Et pourtant je suis convaincue que ces personnes ne voulaient que mon bien et me mettre face à LEUR vérité : l'allaitement me faisait du mal.
    C'est là qu'il faut prendre le temps de bien réfléchir, parce que cette période peut être importante pour nous et qu'on veut la réussir, que ce soit en donnant le sein ou le biberon. Et mon deuxième conseil serait alors : posez vous la question. Ai-je VRAIMENT envie d'allaiter ? Pourquoi je le fais ? Pourquoi je ne veux pas le faire ?

    Si la réponse à la première question est non, alors autant tout arrêter tout de suite. J'imagine qu'une mère qui n'a pas envie d'allaiter mais qui le fait sous la pression des proches ou de l'image qu'elle en a ("je sais que c'est bon pour mon bébé, je n'en ai pas envie mais je me sacrifie pour lui") doit se sentir soulagée et apaisée de pouvoir profiter enfin sereinement de ces moments privilégiés, un biberon dans la main.

    Si la réponse est oui, alors il faut s'entourer des personnes qui nous donnent du courage et de la confiance en nous, fermer les écoutilles à celles qui nous font du mal malgré elles et surtout chercher la solution aux maux que l'on subit. Parce qu'abandonner un allaitement "qui ne fonctionne pas" alors qu'on souhaitait allaiter est tout aussi douloureux (et je pense à beaucoup de mamans qui m'en ont fait le témoignage). Alors essayons !

    Les crevasses

    Je commence par ça, parce que j'en ai déjà parlé, mais aussi parce que c'est l'un des maux les plus courants.

    Pourquoi elles apparaissent ?
    - parce que la position de bébé n'est pas bonne (tout le mamelon et autant d'aréole possible devrait être dans sa bouche, le menton touchant le sein, les lèvres retroussées comme sur l'affiche du film et la langue en gouttière).
    - parce que bébé a un frein de langue trop court qui l'empêche de positionner sa langue correctement

    Que faire pour les soulager ?
    - en prévention, on peut appliquer une goutte de lait après chaque tétée
    - si elles sont déjà là, appliquer de la lanoline pour maintenir une bonne hydratation
    - si ça perdure, vérifier le frein de langue de bébé et au besoin le faire couper (il parait que c'est très rapide et absolument pas traumatisant pour bébé - et un réel soulagement pour vos seins)


    Le muguet/la candidose mammaire

    Là je dis "ouille" ! La candidose m'a pourri la vie entre les 10 jours de poussinette et ses 2 mois et demi. Il faut bien l'identifier, car le traitement d'une candidose est à l'opposé de celui des crevasses : la candidose est un champignon qui se prélasse dans un milieu humide ! Donc si les douleurs perdurent mais que le bébé semble être bien positionné, il faut se poser la question. D'autres signes : la langue de bébé recouverte de tâches blanches, des douleurs pendant mais aussi entre les tétées, l'impression d'avoir du "feu liquide" qui traverse les seins (parfois un seul), des mamelons rose vif, une sensation de brûlure, une crispation du bras...

    Pourquoi, mais pourquoi, qu'ai-je fait pour subir ça ?! :)
    - la fatigue
    - un terrain propice (mycoses vaginales répétées)
    - une alimentation sucrée

    Que faire ?
    - traiter maman ET bébé, sinon on se refile le champignon sans cesse
    - un gel antifongique à appliquer sur le mamelon peut suffire. Si la candidose est très installée, un traitement interne peut s'avérer nécessaire.
    - en préventif, ou dès qu'on a l'impression que ça recommence, on peut appliquer des compresses de gaz qu'on a trempées dans un mélange eau-bicarbonate (très chargé en bicarbonate !). Soulagement immédiat garantie, surtout si le mélange est conservé au frigo ! Le bicarbonate rétabli le ph qui est ici trop acide.


    L'engorgement

    Toutes les femmes ont une montée de lait quelques jours après l'accouchement, qu'elles aient décidé ou non d'allaiter (cela dit, j'ai appris hier qu'il existait des cachets inhibiteurs). Alors il faut savoir faire face, car toutes les montées de lait sont différentes et pas toujours bien vécues.

    Les symptômes
    - des seins très gros et dur
    - une douleur de la poitrine, jusque sous les bras

    Que faire ?
    Si on allaite, mettre bébé au sein ! Il soulagera la douleur car le sein va s'assouplir au fur et à mesure qu'il se vide.
    Mais si le sein est trop dur et que bébé n'arrive pas à le prendre, on peut préparer le terrain :
    - masser le sein pour extraire un peu de lait
    - tirer un peu son lait (ou carrément en profiter pour faire des réserves)
    - prendre une douche chaude ou au contraire appliquer du froid (chacune a ses préférences)
    Si on ne souhaite pas allaiter, l'idée est de faire comprendre au corps qu'on n'a pas besoin de tout ce lait. Il faudra donc extraire du lait mais en laisser dans les seins pour qu'à la montée de lait suivante, ils en produisent moins (et oui, ça se fait à la demande !)

    Si la douleur perdure, qu'elle est accompagnée de fièvre et que le sein est rouge, il y a de forte chance que ce soit une mastite. Dans ces cas là, du repos, une mise au sein régulière (ou un tirage) et des applications de froid ou de chaud peuvent suffire. Sans amélioration dans les 24h, il faut voir un médecin.


    Le REF (réflexe d'éjection fort)

    Trop de lait ? Un bébé qui s'étouffe, doit lâcher le sein régulièrement pour reprendre sa respiration ou faire des rots ? Qui est rassasié en 5 min et se tortille tellement il a mal au ventre ? Pas de doute, c'est un REF.
    Le lait évolue pendant la tétée. Il est d'abord très hydratant et sucré, puis devient gras et plus nourrissant. De fait, le bébé qui tète 5 min comme dit plus haut ne bénéfice pas de beaucoup de lait gras. Il a plus vite faim et le lait sucré (lactose et galactose) difficilement digérable lui donne mal au ventre.

    Que faire ?
    - prendre de l'avance (je veux dire, avant que bébé soit complètement affamé) et extraire un peu de lait sucré (sous la douche, au tire-lait ou à la main) pour qu'il accède plus rapidement au lait gras et nourrissant.
    - des mamans m'ont aussi conseillé d'arrêter les produits laitiers, c'est là qu'a commencé notre voyage dans le veganisme


    Pas assez de lait

    On aborde ici une question qui est vraiment complexe. Il y a assez peu de femmes qui manquent réellement de lait, mais beaucoup de paramètres entrent en compte et perturbent l'allaitement :
    la fatigue, la pression sociale (notamment cette folie autour des courbes de poids), les "règles" et horaires imposés, la volonté de contrôle (du temps, des quantités...), la dépression, l'isolement, la peur ou le manque de confiance en soi, la culpabilité...

    Comment savoir si on a assez de lait ?
    - le bébé urine fréquemment (3-4 fois par jour au moins)
    - il a des selles molles (mais attention, elles peuvent être parfois espacées de plusieurs jours)
    - il a repris son poids de naissance au bout de 15-20 jours (oui, oui, pas juste 3 jours après la naissance comme on nous a dit à la maternité !) et prend 120/130gr par semaine pendant les trois premiers mois.

    Comment améliorer la production de lait ?
    Vous voyez la loi de l'offre et de la demande ? C'est comme ça que ça marche dans l'allaitement ! Bébé est en plein pic de croissance et a besoin de plus de lait ? Hop, c'est parti, le corps de maman le produit pour lui. Et ça marche dans l'autre sens, lors du sevrage notamment.
    - Donc pour avoir plus de lait, la meilleure solution est de mettre bébé au sein le plus souvent possible, sans regarder la montre ni compter. On peut lui proposer de passer à l'autre sein quand il semble avoir fini, et ce plusieurs fois jusqu'à ce qu'il refuse de téter (ça s'appelle la "super alternance").
    - Pour l'encourager à téter, on peut utiliser un DAL (dispositif d'aide à la lactation) car un bébé qui a faim peut être fatigué de téter et devenir "paresseux", diminuant ainsi la demande et donc la production de lait. Ce dispositif consiste en une bouteille attachée autour du cou ou pendu en hauteur, d'où sort un tuyau que l'on va fixer au mamelon et introduire dans la bouche de bébé pendant la tétée. Le bébé va donc boire, en être revigoré et va téter de façon réflexe, ce qui va entraîner la lactation.

    L'important est aussi d'être la plus détendue possible, alors se faire aider notamment pour les courses, le ménage, s'occuper des plus grands, peut être une bonne solution.
    La question du manque de lait est tellement complexe, que je préfère vous renvoyer sur cette page de LLL qui est bien plus complète et renvoie vers d'autres articles pouvant vous aider.


    Et si vraiment tout ça ne fonctionne pas, que l'on doit donner un complément ou carrément passer au biberon, sachez une chose : vous êtes la meilleure mère du monde pour votre bébé. Toute sa vie ne se joue pas sur la façon dont il a été nourri de lait, mais plutôt sur la façon dont il a été nourri d'amour ♥
    Vous êtes fortes, belles et capables de faire vos choix, vous pouvez avoir confiance en vous, vous écouter, vous allez réussir à prendre soin de cet enfant et le faire grandir.

     

    C'est un sacré pavé aujourd'hui, à l'image de ce que ce sujet représente pour moi.
    J'espère que je ne vous ai pas perdues en cours de route ou que vous avez su prendre ce dont vous aviez besoin.
    Le sujet de cet article est si vaste qu'il est abordé dans des livres bien plus complets, notamment "L'art de l'allaitement maternel" de LLL et "Le guide de l'allaitement naturel" d'Ina May Gaskin qui m'ont passionnée !

    Un sujet vaste et complexe disais-je... et pourtant il ne faut pas perdre de vue que le meilleur moyen pour que tout se passe bien, c'est de rester ZEN et d'avoir confiance en nous :)

    Un pavé sur les maux de l'allaitement ...et leurs solutions


    Des bisous

    - Lilaluna -

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  • Commentaires

    1
    Line
    Dimanche 2 Avril à 15:45
    Merci pour cet article très intéressant. Il est certes long mais bien écrit comme toujours et instructif. Je constate que ton discours s'est adouci depuis la dernière fois qu'on en a parlé... Je te demanderai conseil le moment venu comme pour tout le reste! Bisous
      • Lundi 3 Avril à 21:25

        Et oui...! Si mon côté hippie a toujours du mal à comprendre, ma raison me dit que beaucoup de paramètres entrent en jeu (culture, société, éducation, sexualité, travail, indépendance, économie, santé, etc...) et qu'il est important de pouvoir choisir ce qui nous permettra de vivre notre maternité (et vie de famille) la plus épanouie possible. Et puis entre ce qu'on imagine/fantasme et la réalité... En devenant parents on comprend vite qu'il y a un monde entre les deux et qu'il faut constamment s'adapter !! ^^
        Enfin bref, quoi que tu choisisses, quand tu auras besoin, je serai là ♥ :)
        Bisous

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