• Nous sommes couchées dans le grand lit de mademoiselle D à papoter dans le noir avant de trouver le sommeil. Elle me raconte ses histoires de crèche, tous les copains qu'elle a, qui mange quoi à midi... et elle me parle du petit J dont la maman passe le midi pour la tétée. Je me dis "tiens, ça fait bien dix jours qu'elle n'a pas demandé le sein !" Je lui propose :

    - Tu veux téter un peu avant de dormir ?

    - Non.

    La réponse est sans équivoque, mademoiselle D en a fini avec l'allaitement. Le sourire aux lèvres, je passe à autre chose et lui parle de la journée du lendemain...

     

    La fin de l'allaitement

     

    Ce sevrage naturel, j'en avais rêvé et j'en parlais sans vraiment savoir à quoi m'attendre.
    Je pense avoir déjà cité ici les recommandations de l'OMS : "Le Programme national nutrition - santé (PNNS) recommande un allaitement maternel exclusif pendant six mois révolus (l'allaitement peut être poursuivi ensuite, avec des aliments complémentaires, jusqu'à deux ans voire davantage). Mais même de plus courte durée, l'allaitement reste toujours recommandé." (http://inpes.santepubliquefrance.fr).
    Et je pars du principe que ce sont des recommandations, donc un conseil donné aux familles, et que chacun décide ou non de le mettre en place chez soi.
    Cette recommandation montre bien qu'un allaitement long peut avoir lieu. Pourtant, plusieurs professionnels de santé ne se sont pas privés de me dire

    "Deux ans et toujours allaitée ? Vous pouvez peut-être penser à la sevrer, là !"
    Je fais quoi...? Je leur parle de mon pote W. allaité jusqu'à 4 ans, et en co-allaitement avec son petit frère ? Un gars en bonne santé, sociable, intelligent, etc...?

    "Non mais là elle ne reçoit plus rien de votre lait, elle n'en a plus besoin pour se nourrir"
    Alors déjà, l'allaitement maternel ce n'est pas uniquement de la nourriture, il y a un côté affectif qu'on met bien vite de côté... Ensuite on peut peut-être parler des anticorps et vitamines qu'elle ne trouve pas forcément toujours dans son alimentation ? Oui quelque part, avec le végétalisme ça me rassure, c'est vrai ;)

    "Un sevrage naturel, ça n'existe pas. Elle voudra toujours téter, à vous de trouver par quoi remplacer l'allaitement". Ah bon... Et bien on va dire qu'elle a trouvé la solution toute seule et je ne sais pas ce que c'est ! Mais ce dont je suis sûre, c'est que si elle ne demande plus, c'est qu'affectivement elle n'en a plus besoin.

    Bon, et si on laissait les femmes un peu tranquilles à part ça..?! Et si on les laissait choisir ce qu'elles veulent : allaitement maternel ou non, allaitement maternel 3 semaines, 3 mois ou 3 ans, allaitement réglé ou à la demande... Je parle des femmes mais je devrais peut-être parler des familles. Beaucoup d'allaitements maternels réussissent grâce au soutien des papas et beaucoup de transitions maternel/artificiel aussi. J'avoue que je commence à en avoir assez de ces personnes qui vous infantilisent, vous prennent de haut et vous font culpabiliser. Si un enfant est visiblement en bonne santé physique et mentale, pourquoi tout remettre en question ? Bien sûr qu'un enfant ne tètera pas jusqu'à ses 12 ans ! Bien sûr qu'un enfant ne demandera plus les bras à 16 ans ! Bien sûr qu'un enfant arrivera à dormir seul à 18 ans ! Alors pourquoi s'inquiéter (et nous inquiéter) autant ?!

    La fin de l'allaitement

    Fanny Vella illustratrice

    Toutes ces remarques des professionnels résonnaient dans ma tête et pourtant je sentais que la fin approchait d'elle-même. Voilà quelques temps que je disais qu'on arrivait doucement vers ce sevrage naturel. Depuis plusieurs mois, mademoiselle D ne tétait plus qu'une fois par jour. A peine 5min le soir, ou alors une tétée un peu plus longue, tôt le matin, pour se rendormir entre nous.
    Puis elles se sont espacées... Avec la rentrée, on a instauré un roulement avec Alfredo pour le coucher et mademoiselle D ne demandait plus le sein que 2-3 fois par semaine, quand c'était moi qui la couchait, mais même pas systématiquement.
    J'étais enceinte déjà, et mes sensations avaient changé. J'avais l'impression qu'elle me mordillait les tétons ou qu'elle n'ouvrait pas assez la bouche. On s'arrêtait, je lui faisais ouvrir la bouche toute grande pour reprendre le sein... en vain. C'était douloureux et elle était très attentionnée : "je fais doucement, hein, maman !" Alors je respirais profondément pour atténuer la douleur. On dit que la grossesse fait baisser la lactation et que c'est peut-être le fait de téter "à vide" qui est douloureux. Mais elle me disait qu'il y avait toujours du lait... Peut-être qu'elle s'est lassée de cette situation, ou peut-être qu'elle n'y trouvait plus ce qu'elle y cherchait auparavant... Comment ça se serait passé si je n'avais pas été enceinte...? Je ne saurai jamais :)

    Bref, mademoiselle D s'est sevrée naturellement, toute seule, sans que j'aie à vivre la crainte de la priver, ni qu'elle me fasse les yeux du chat Potté (souvenir de ma petite soeur, allaitée 15 mois, jusqu'à la reprise du travail de ma mère...). Et sachant que toutes les femmes qui le souhaiteraient ne peuvent pas forcément vivre la même chose (pour différentes raisons : reprise du travail, stress, fatigue, manque de soutien...), je ressens énormément de gratitude pour cet allaitement qui a duré et s'est fini en douceur ♥

    Le sevrage naturel existe. Il est possible, toujours est-il qu'il faut vouloir le vivre. Et ce n'est pas le cas de toutes. Certaines mamans se sentent "à l'étroit" dans cet allaitement qui dure. Il existe une très jolie brochure, Notre bulle, pour accompagner petit à petit les mères et leurs enfants au sevrage.

    La fin de l'allaitement
    Amandine Petit-Martin

    Un dernier mot : le sevrage de l'allaitement maternel n'est pas à sens unique. Parfois la mère se sent prête et pas l'enfant. Et parfois c'est l'inverse. J'ai des amies dont les enfants ont fait la grève de tétée vers 8-9 mois alors que rien ne laissait présager un sevrage. En trois jours c'était terminé et pour elles, c'était vraiment soudain et subi. Gardez en tête qu'être triste de l'arrêt d'un allaitement ne fait pas de vous une mère possessive ou intrusive ! :)

    Et si vous souhaitez en savoir plus et/ou aborder le sevrage sereinement, je vous renvoie vers cet article d'Allaiter aujourd'hui. Je trouve les articles LLL toujours très bien écrits, documentés, bienveillants et ouverts d'esprit. Alors n'hésitez pas à vous perdre un peu de ce côté-là.

    A bientôt pour un article plus créatif ;)

    - Lilaluna -

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  • Dans ma bulle
    Crédit photo : Thibault Chasta

    Voilà deux mois que j'ai disparu de la blogosphère... Il est temps de revenir !
    J'ai eu un énorme besoin de prendre du recul, de me reposer, de me recentrer, de rester dans ma bulle,

    ...et de laisser grandir la petite vie en moi, celle qui me prend toute mon énergie mais qui en même temps me donne tellement confiance pour la suite !
    Un petit être vient agrandir notre famille, et si tout va bien, nous serons quatre fin avril.

    Alors voilà, vous comprenez peut-être ma disparition. Entre la fatigue extrême dès mi-août, les nausées une semaine plus tard, un odorat de compèt' (le jour où tu découvres que tu sais quand une femme a ses règles...) et les hormones qui font les montagnes russes, le blog est devenu tout à fait secondaire !
    Sans parler du nouveau travail qui démarre trop lentement depuis un mois (les joies de l'administratif, n'est-ce pas !), mais sur les chapeaux de roues après les vacances...
    Ah et puis la poussinette qui ne jure que par sa mère pour l'accompagner se laver les dents, mettre ses chaussures, lui lire une histoire, lui dire si ses chaussons sont dans le bon sens, lui faire une tartine, regarder son dessin... On lui rappelle qu'elle a aussi un super papa, mais ça reste usant !

    D'ailleurs la poussinette ne ressemble plus vraiment à un petit poussin... Son surnom lui va de moins en moins et je me dis qu'il est temps de changer. Alors même si ce sera plus long à taper, ce sera mademoiselle D.

    Je m'arrête là pour aujourd'hui, mais je vais essayer de revenir vite et plus régulièrement. Je dois vous montrer tous les tampons gravés depuis juin (haem !), terminer un article sur nos découvertes de l'été et j'ai quelques idées de sujets à traiter dans la rubrique parentalité (tiens donc ?!).

    Alors à très bientôt
    Bisous doux

    - Lilaluna -

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  • Il y a des soirs où poussinette nous dit "bisous !", pose sa tête sur l'oreiller et ne nous calcule plus. Dans ces cas là, on peut sortir tranquillement de la chambre et on sait qu'on a la soirée pour nous.
    Et puis il y a des soirs où...

    "PAS DODO !"
    Ça on l'a entendu un paquet de fois à une période (je ne saurais plus vous dire laquelle, j'ai tendance à occulter ce genre de souvenirs...) et on a bien été forcés de trouver des solutions.
    Si la réclamation ou la façon de la formuler a changé, les solutions fonctionnent toujours et même, on se perfectionne, on en trouve d'autres !

    Donc aujourd'hui on vous livre nos astuces.

    La routine
    Faire en sorte que les soirées se passent toujours à peu près de la même façon (dans la mesure du possible hein, avec un papa présent/absent/présent/absent...). Chez nous, ça donne :
    - repas
    - laver les mains, les dents, la bouille
    - faire pipi sur le pot (oui, oui, on vous en reparle bientôt)
    - enfiler la couche et le t-shirt pour la nuit
    - lire une petite histoire
    - téter/faire un câlin
    - au lit !
    Et là ça marche, mais pas toujours...

    Couchers compliqués...
     
    Routine en images, trouvée sur Pinterest un soir particulièrement compliqué...


    Le livre

    Voilà une astuce que j'utilise surtout pour la sieste, car il y a plus de lumière dans la chambre. J'ai expliqué à poussinette que je lisais un peu pour me détendre avant de dormir. Elle a évidemment voulu faire pareil (c'était le but) et prend donc parfois l'initiative de nous demander un livre.
    On a de la chance, elle ne nous appelle pas quand elle a fini pour en avoir un autre !

    Les chansons
    Depuis sa naissance, poussinette écoutait toujours la même musique pour s'endormir. Mais depuis peu, elle me demande des berceuses. Elle a ses préférées, plutôt par périodes... En ce moment c'est "Le loup la biche et le chevalier" d'Henri Salvadore, aussi connue sous le nom "Une chanson douce" et "Fais dodo Colas mon p'tit frère" (surtout la partie gâteau et chocolat ^^).
    Mais avec mon travail (je donne des ateliers d'éveil musical pour les tout-petits), elle a le choix d'un sacré répertoire et elle commence à s'en rendre compte et à varier ses demandes.

    Rester tout près
    Dans la chambre de poussinette il y a un fauteuil suédois, vous savez, le célèbre Poäng... Je lui voue une adoration car il a sauvé mon sommeil quand j'étais dans un état d'épuisement extrême et que poussinette me rappelait cinq fois minimum par nuit. Il est super confortable alors je n'hésite pas à y passer du temps si besoin. Il m'est donc arrivé d'y passer 45min, le temps que mademoiselle trouve le sommeil. Mais qu'est-ce que j'y fais pendant 45min ?
    Vous avez déjà tricoté dans le noir ? Les habitués du tricot oseront peut-être tenter l'expérience, mais si j'ai un conseil à vous donner, c'est "évitez le point de riz !" Voilà... J'ai passé plusieurs soirée à faire n'importe quoi puis détricoter...
    Sinon, on utilise une veilleuse pour lire sans s'arracher les yeux, ou le rai de lumière du couloir.

    Couchers compliqués...


    S'allonger
    Jusqu'à présent, je n'avais pas osé m'allonger à côté de poussinette, tout simplement parce qu'elle a toujours son petit lit à barreaux et que j'avais peur de casser les lattes. Mais un soir, je suis entrée dans la chambre et j'ai retrouvé Alfredo dans le-dit petit lit. Alors pourquoi pas ?!
    C'est une longue histoire ce lit... Il y a un moment déjà, j'avais retiré le matelas pour le poser par terre et ainsi apporter la touche  finale à la chambre type Montessori de poussinette. Sauf que son lit, elle l'a réclamé. Deux fois nous avons retenté l'expérience, mais j'ai fini par le remonter entièrement, tournevis en main et poussinette déchaînée à 23h30 du soir.
    En général quand on met son lit par terre (c'est arrivé trois fois, donc), poussinette est contente 3h, le temps de se jeter dedans, s'installer pour y coucher sa poupée, lire un livre et basta. Donc on verra quand ça évoluera ...si les lattes n'ont pas craqué avant !

    Prendre le temps
    Comme on travaille pas mal à la maison, on s'y met souvent le soir quand poussinette est couchée. Forcément, quand elle ne veut pas dormir, on bout intérieurement sachant ce qui nous attends encore... Mais c'est bien simple : plus on est pressés de la voir dormir, plus le processus est long !
    Alors il vaut mieux se détendre, et ne pas vouloir aller à contre courant.
    Généralement, c'est le bon moment pour parler avec poussinette, faire un résumé de la journée, revenir sur les moments que nous avons aimé, même les plus simples. C'est une façon aussi de clore les problèmes laissés en suspend : une peur, une frustration, un stress... Notre poussinette s'exprime bien maintenant, et elle est capable de nous parler de ce qui lui pèse. Alors on met des mots, on accepte son émotion, on rassure en cherchant des solutions...
    En général, plus on est détendus et disponibles et plus elle est rapidement paisible et prête à dormir.

     

    Voici quelques solutions un peu folles, que nous utilisions quand poussinette était plus petite :

    - faire des squats en la portant allongée dans nos bras : endormissement et fessiers en béton garantis !

    - s'allonger sur le tapis avec un coussin et une couverture et lui montrer qu'on dort à côté d'elle (et forcément on s'endormait vraiment et on se réveillait cassé en deux)

    - la prendre dans nos bras et dire "bonne nuit" à toutes les pièces de l'appartement et à tous ses jouets

    - la laisser faire sa vie sans lutter pour la mettre au lit et finir par la coucher complètement épuisée quand elle s'avouait vaincue (ça c'est quand on ne travaillait pas et qu'elle n'allait pas à la crèche, ou pendant des vacances...) Et dans le même genre :

    - se lever quand elle avait décidé que sa nuit était finie... à 4h30 du matin, pour finalement se recoucher ensemble à 6 ou 7h (possible quand on ne travaille pas le lendemain).

    Et vous, qu'avez-vous trouvé comme solution pour coucher des bébés et des bambins récalcitrants ? :)
    On est bien curieux de connaître vos méthodes...

    - Lilaluna -

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  • Poussinette, dans 2 jours tu auras 2 ans.

    Laisse-moi me souvenir de ce moment, deux ans plus tôt, où nous t'avons rencontrée. Où tu nous a regardés avec de grands yeux étonnés. Où tu faisais tout pour tourner ta tête trop lourde et voir ton papa qui n'était pas face à toi. Où tu t'es réchauffée contre nos corps, l'un après l'autre, pour t'imprégner de notre odeur et faire connaissance.

    Le petit chemin que tu as parcouru depuis ce jour n'a pas été une ligne droite d'évidences.
    Par ta naissance, nous avons appris combien être parents était difficile. Mais nous avons aussi découvert le bonheur que c'est de te voir grandir et t'épanouir. A quel point un sourire, un câlin, un mot doux de ta part est un cadeau un million de fois plus précieux (au moins !) que n'importe quel bien matériel.

    Nous avons découvert la douceur du portage, la douceur de l'allaitement, la douceur du cododo (oui,  la nuit dernière encore)... Bien sûr, tout ceci n'a pas été simple, mais c'est cette douceur que nous retiendrons.

    Aujourd'hui, tu ne marches plus, tu cours !

    Aujourd'hui tu parles tellement et tu comprends tellement des choses qu'on te raconte... 

    Aujourd'hui, tu aimes

    aller au parc faire du toboggan, ramasser des cailloux dans ton petit seau et courir après le ballon

    faire du vélo dans le carrosse de papa ou sur le destrier de maman

    grimper, escalader tout mobilier qui s'y prête (hum...)

    traverser l'appartement sur ta coccinelle à roulettes

    t'occuper de ta poupée, la border, lui mettre des chaussettes, lui donner à boire

    faire des puzzles, de plus en plus compliqués

    nommer les couleurs : tu connais jaune, bleu, vert, rouge, mauve, marron et orange

    remplir des feuilles de tourbillons et de points de toutes les couleurs, y ajouter quelques gommettes

    "faire des pâtes" et touiller ta dinette, verser de la soupe dans nos mains en secouant un bâton de pluie

    faire des maisons Duplo, ou des escaliers, ou un camion de pompier

    associer tes figurines d'animaux aux cartes qui les représentent

    Et tu aimes aussi

    ouvrir les boutons et les pressions, les fermetures éclairs, les scratchs

    mettre tes chaussettes toute seule, ainsi que tes pantalons

    enlever tes t-shirts toute seule, ainsi que tes chaussures, pantalons, robes, chaussettes, chaussons...

    enfiler ton manteau en le posant par terre à l'envers

    mettre tes lunettes et ton casque à vélo (mais seulement si on les met aussi ^^)

    porter ton assiette jusqu'à la table et monter sur ta chaise toute seule

    manger toute seule, mais qu'on t'aide un peu aussi

    boire dans un verre sans en renverser (presque à chaque fois !)

    monter sur le petit escabeau pour te laver les mains, les dents, te débarbouiller toute seule au lavabo

    te savonner le corps pendant que nous en nommons chaque partie

    nous demander de lire trois fois de suite le même livre

    réciter les livres que tu connais par coeur

     

    Tu cherches tellement à être autonome que c'est un pied de nez à n'importe quelle personne ayant eu un jugement négatif sur ma façon de materner, sur notre façon de t'éduquer, avec bienveillance et patience (du moins autant que nous en sommes capable).
    Des commentaires ("il faut couper le cordon un jour !", "tu vas l'allaiter encore longtemps ?", "tu as une voix trop douce, c'est pour ça qu'elle ne t'obéit pas", "vous la portez encore à son âge ?!"...) on en a eu et on en aura encore.
    Mais toi, tu grandis avec l'envie de grandir, car tu sais que nous sommes là.

    ...et que nous serons toujours là pour toi ♥

     - Lilaluna -


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  • Hier soir, je suis allée au cinéma pour la première fois depuis la naissance de poussinette. Enfin non, j'étais déjà retournée au cinéma pendant qu'elle était à la crèche, mais de fait, jamais en soirée. Pourquoi ? Je voulais privilégier le moment du câlin du soir (vous savez, j'ai parlé hier de la séparation...) qui comporte une longue tétée. Et bien je suis partie confiante, j'ai passé une très bonne soirée et on s'est rattrapées ce matin avec une tétée-câlin  :)

    Je suis allée voir "La voie lactée", un documentaire qui pose la question du taux d'allaitement extrêmement bas aux États-unis et recherche des solutions pour mieux accompagner les mères. J'ai beaucoup apprécié le film, même s'il ne concerne pas la France (on peut quand même mettre les choses en perspective) et que le rythme est assez rapide (je ne vous raconte pas l'enchaînement de sous-titres en 52min... et pourtant j'adore voir les films en VO !).

     

    Maux de l'allaitement et solutions


    La projection s'est suivie d'un débat, et ce que j'ai retenu après le témoignage des mamans de la salle est que la lactation est naturelle, mais que l'allaitement n'est pas si évident à mettre en place. Ainsi vient mon tout premier conseil pour celles qui passent par ici et auraient besoin de soutien : entourez-vous de personnes bienveillantes qui accepteront vos choix et sauront vous guider ou vous épauler en cas de besoin. N'ayez pas peur (ou n'attendez pas, comme moi) d'aller voir une consultante en lactation, de téléphoner à une animatrice la Leche league, à votre mère, votre soeur, votre amie qui a allaité même si vous n'êtes pas tellement proche.

    Malheureusement quand ça ne va pas, ces personnes vont parfois s'inquiéter pour vous et vous donner des conseils que vous ne voulez pas entendre. Dans mon cas, j'ai entendu "mais pourquoi tu te fais du mal ?!", "t'as vraiment l'air épuisée, tu devrais arrêter d'allaiter", "t'es un peu maso, non ?". Et pourtant je suis convaincue que ces personnes ne voulaient que mon bien et me mettre face à LEUR vérité : l'allaitement me faisait du mal.
    C'est là qu'il faut prendre le temps de bien réfléchir, parce que cette période peut être importante pour nous et qu'on veut la réussir, que ce soit en donnant le sein ou le biberon. Et mon deuxième conseil serait alors : posez vous la question. Ai-je VRAIMENT envie d'allaiter ? Pourquoi je le fais ? Pourquoi je ne veux pas le faire ?

    Si la réponse à la première question est non, alors autant tout arrêter tout de suite. J'imagine qu'une mère qui n'a pas envie d'allaiter mais qui le fait sous la pression des proches ou de l'image qu'elle en a ("je sais que c'est bon pour mon bébé, je n'en ai pas envie mais je me sacrifie pour lui") doit se sentir soulagée et apaisée de pouvoir profiter enfin sereinement de ces moments privilégiés, un biberon dans la main.

    Si la réponse est oui, alors il faut s'entourer des personnes qui nous donnent du courage et de la confiance en nous, fermer les écoutilles à celles qui nous font du mal malgré elles et surtout chercher la solution aux maux que l'on subit. Parce qu'abandonner un allaitement "qui ne fonctionne pas" alors qu'on souhaitait allaiter est tout aussi douloureux (et je pense à beaucoup de mamans qui m'en ont fait le témoignage). Alors essayons !

    Les crevasses

    Je commence par ça, parce que j'en ai déjà parlé, mais aussi parce que c'est l'un des maux les plus courants.

    Pourquoi elles apparaissent ?
    - parce que la position de bébé n'est pas bonne (tout le mamelon et autant d'aréole possible devrait être dans sa bouche, le menton touchant le sein, les lèvres retroussées comme sur l'affiche du film et la langue en gouttière).
    - parce que bébé a un frein de langue trop court qui l'empêche de positionner sa langue correctement

    Que faire pour les soulager ?
    - en prévention, on peut appliquer une goutte de lait après chaque tétée
    - si elles sont déjà là, appliquer de la lanoline pour maintenir une bonne hydratation
    - si ça perdure, vérifier le frein de langue de bébé et au besoin le faire couper (il parait que c'est très rapide et absolument pas traumatisant pour bébé - et un réel soulagement pour vos seins)


    Le muguet/la candidose mammaire

    Là je dis "ouille" ! La candidose m'a pourri la vie entre les 10 jours de poussinette et ses 2 mois et demi. Il faut bien l'identifier, car le traitement d'une candidose est à l'opposé de celui des crevasses : la candidose est un champignon qui se prélasse dans un milieu humide ! Donc si les douleurs perdurent mais que le bébé semble être bien positionné, il faut se poser la question. D'autres signes : la langue de bébé recouverte de tâches blanches, des douleurs pendant mais aussi entre les tétées, l'impression d'avoir du "feu liquide" qui traverse les seins (parfois un seul), des mamelons rose vif, une sensation de brûlure, une crispation du bras...

    Pourquoi, mais pourquoi, qu'ai-je fait pour subir ça ?! :)
    - la fatigue
    - un terrain propice (mycoses vaginales répétées)
    - une alimentation sucrée

    Que faire ?
    - traiter maman ET bébé, sinon on se refile le champignon sans cesse
    - un gel antifongique à appliquer sur le mamelon peut suffire. Si la candidose est très installée, un traitement interne peut s'avérer nécessaire.
    - en préventif, ou dès qu'on a l'impression que ça recommence, on peut appliquer des compresses de gaz qu'on a trempées dans un mélange eau-bicarbonate (très chargé en bicarbonate !). Soulagement immédiat garantie, surtout si le mélange est conservé au frigo ! Le bicarbonate rétabli le ph qui est ici trop acide.


    L'engorgement

    Toutes les femmes ont une montée de lait quelques jours après l'accouchement, qu'elles aient décidé ou non d'allaiter (cela dit, j'ai appris hier qu'il existait des cachets inhibiteurs). Alors il faut savoir faire face, car toutes les montées de lait sont différentes et pas toujours bien vécues.

    Les symptômes
    - des seins très gros et dur
    - une douleur de la poitrine, jusque sous les bras

    Que faire ?
    Si on allaite, mettre bébé au sein ! Il soulagera la douleur car le sein va s'assouplir au fur et à mesure qu'il se vide.
    Mais si le sein est trop dur et que bébé n'arrive pas à le prendre, on peut préparer le terrain :
    - masser le sein pour extraire un peu de lait
    - tirer un peu son lait (ou carrément en profiter pour faire des réserves)
    - prendre une douche chaude ou au contraire appliquer du froid (chacune a ses préférences)
    Si on ne souhaite pas allaiter, l'idée est de faire comprendre au corps qu'on n'a pas besoin de tout ce lait. Il faudra donc extraire du lait mais en laisser dans les seins pour qu'à la montée de lait suivante, ils en produisent moins (et oui, ça se fait à la demande !)

    Si la douleur perdure, qu'elle est accompagnée de fièvre et que le sein est rouge, il y a de forte chance que ce soit une mastite. Dans ces cas là, du repos, une mise au sein régulière (ou un tirage) et des applications de froid ou de chaud peuvent suffire. Sans amélioration dans les 24h, il faut voir un médecin.


    Le REF (réflexe d'éjection fort)

    Trop de lait ? Un bébé qui s'étouffe, doit lâcher le sein régulièrement pour reprendre sa respiration ou faire des rots ? Qui est rassasié en 5 min et se tortille tellement il a mal au ventre ? Pas de doute, c'est un REF.
    Le lait évolue pendant la tétée. Il est d'abord très hydratant et sucré, puis devient gras et plus nourrissant. De fait, le bébé qui tète 5 min comme dit plus haut ne bénéfice pas de beaucoup de lait gras. Il a plus vite faim et le lait sucré (lactose et galactose) difficilement digérable lui donne mal au ventre.

    Que faire ?
    - prendre de l'avance (je veux dire, avant que bébé soit complètement affamé) et extraire un peu de lait sucré (sous la douche, au tire-lait ou à la main) pour qu'il accède plus rapidement au lait gras et nourrissant.
    - des mamans m'ont aussi conseillé d'arrêter les produits laitiers, c'est là qu'a commencé notre voyage dans le veganisme


    Pas assez de lait

    On aborde ici une question qui est vraiment complexe. Il y a assez peu de femmes qui manquent réellement de lait, mais beaucoup de paramètres entrent en compte et perturbent l'allaitement :
    la fatigue, la pression sociale (notamment cette folie autour des courbes de poids), les "règles" et horaires imposés, la volonté de contrôle (du temps, des quantités...), la dépression, l'isolement, la peur ou le manque de confiance en soi, la culpabilité...

    Comment savoir si on a assez de lait ?
    - le bébé urine fréquemment (3-4 fois par jour au moins)
    - il a des selles molles (mais attention, elles peuvent être parfois espacées de plusieurs jours)
    - il a repris son poids de naissance au bout de 15-20 jours (oui, oui, pas juste 3 jours après la naissance comme on nous a dit à la maternité !) et prend 120/130gr par semaine pendant les trois premiers mois.

    Comment améliorer la production de lait ?
    Vous voyez la loi de l'offre et de la demande ? C'est comme ça que ça marche dans l'allaitement ! Bébé est en plein pic de croissance et a besoin de plus de lait ? Hop, c'est parti, le corps de maman le produit pour lui. Et ça marche dans l'autre sens, lors du sevrage notamment.
    - Donc pour avoir plus de lait, la meilleure solution est de mettre bébé au sein le plus souvent possible, sans regarder la montre ni compter. On peut lui proposer de passer à l'autre sein quand il semble avoir fini, et ce plusieurs fois jusqu'à ce qu'il refuse de téter (ça s'appelle la "super alternance").
    - Pour l'encourager à téter, on peut utiliser un DAL (dispositif d'aide à la lactation) car un bébé qui a faim peut être fatigué de téter et devenir "paresseux", diminuant ainsi la demande et donc la production de lait. Ce dispositif consiste en une bouteille attachée autour du cou ou pendu en hauteur, d'où sort un tuyau que l'on va fixer au mamelon et introduire dans la bouche de bébé pendant la tétée. Le bébé va donc boire, en être revigoré et va téter de façon réflexe, ce qui va entraîner la lactation.

    L'important est aussi d'être la plus détendue possible, alors se faire aider notamment pour les courses, le ménage, s'occuper des plus grands, peut être une bonne solution.
    La question du manque de lait est tellement complexe, que je préfère vous renvoyer sur cette page de LLL qui est bien plus complète et renvoie vers d'autres articles pouvant vous aider.


    Et si vraiment tout ça ne fonctionne pas, que l'on doit donner un complément ou carrément passer au biberon, sachez une chose : vous êtes la meilleure mère du monde pour votre bébé. Toute sa vie ne se joue pas sur la façon dont il a été nourri de lait, mais plutôt sur la façon dont il a été nourri d'amour ♥
    Vous êtes fortes, belles et capables de faire vos choix, vous pouvez avoir confiance en vous, vous écouter, vous allez réussir à prendre soin de cet enfant et le faire grandir.

     

    C'est un sacré pavé aujourd'hui, à l'image de ce que ce sujet représente pour moi.
    J'espère que je ne vous ai pas perdues en cours de route ou que vous avez su prendre ce dont vous aviez besoin.
    Le sujet de cet article est si vaste qu'il est abordé dans des livres bien plus complets, notamment "L'art de l'allaitement maternel" de LLL et "Le guide de l'allaitement naturel" d'Ina May Gaskin qui m'ont passionnée !

    Un sujet vaste et complexe disais-je... et pourtant il ne faut pas perdre de vue que le meilleur moyen pour que tout se passe bien, c'est de rester ZEN et d'avoir confiance en nous :)

    Un pavé sur les maux de l'allaitement ...et leurs solutions


    Des bisous

    - Lilaluna -

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