• Parfois, une demande de notre part aboutit automatiquement à un "NON !"
    On ne demande pas à notre enfant d'obéir bêtement à un ordre, non, juste respecter le cadre de la famille, se respecter soi-même en prenant soin de soi, respecter le matériel...
    Une règle d'hygiène par exemple : lorsqu'on rentre à la maison, on se lave les mains. C'est là qu'un petit jeu, en plus de nous faire rire, nous sauve souvent la vie :

    Faire parler les membres ou les objets

    En montant les escaliers de notre immeuble, je préviens mlle D :
    "En rentrant à la maison, on enlève les...
    - Chaussures !
    - Et on se lave les...
    - Mains !"
    Ça semble facile, et pourtant... une fois dans le couloir, chaussures éparpillées devant la porte, mlle D court vers le salon.
    "Et les mains ?!
    - Non c'est bon, je les ai lavées ce matin à l'école !!"

    Euh... Et on en parle des murs que tu as frottés de ta main droite durant tout le trajet de retour à la maison ?

    Alors je dis d'une petite voix aigüe :
    "Aaah on est toutes saaaaaales ! S'il te plait D, lave-nous ! Avec du savon qui sent bon !"

    Mlle D s'est arrêtée. Elle observe ses mains grandes ouvertes...
    "Bon, ne vous inquiétez pas les mains, je vais vite vous laver !"

    Elle court vers la salle de bain et j'entends l'eau couler...
    "Ca va ? Vous aimez bien la mousse ?
    - Oh oui ! Merci D !! Aaaah ça fait du bien !
    - Et voilà !"

    Elle court en sens inverse, de la salle de bain au salon. Opération réussie !

    -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    Je ne sais pas si c'est le cas de tous les enfants mais mlle D a les ongles qui poussent vraiment très vite. Il faut les couper toutes les semaines si on ne veut pas que ça se transforme en ongles de sorcière. Mais jusqu'à cet été c'était très très dur de la faire coopérer.
    Jusqu'à ce que le coupe-ongles se mette à parler :

    "J'ai faim !! Donne-moi tes petits ongles à manger !!"

    Mlle D me regarde mi-amusée, mi-inquiète...

    "Pitié, je meurs de faim ! Un petit bout d'ongle s'il te plait !"

    Comme elle hésite encore, je lui demande, de ma voix de maman
    "Tu veux bien lui donner des ongles ? Tu préfères commencer par quel doigt ?"
    Elle tend une main et se laisse faire, riant à mes "miam miam ! encore ! gloups ! délicieux !"

    Tout a coup elle s'échappe !
    Le coupe-ongles se met à crier "Et mon dessert ?! Je n'ai pas eu mon dessert ?!"
    Mlle D revient en me tendant ses trois derniers doigts et en disant "T'es gourmand, coupe-ongle !"

    Je vous avoue que ça me dégoûte pas mal de dire "miam miam" à propos des ongles, mais faire rire ma poulette est bien plus important, et son hygiène corporelle aussi, évidemment !


    Cette habileté fonctionne très bien avec ma 3 ans et demi. On l'utilise parfois pour mettre les chaussures, ranger un objet (genre le dernier duplo qui traîne "booouuuh je suis tout seul !"), et même pour éviter de claquer la porte d'entrée :

    Habileté n°2

     

    J'ai comme l'impression que ce petit jeu nourrit son empathie. Il l'invite à prendre soin de ses objets et d'elle-même. Plus besoin de lui rappeler pourquoi il est important de faire ci ou ça. En tout cas, pas au moment où il faut le faire, car on court souvent dans une impasse. Je préfère jouer sur l'instant et discuter plus tard, au calme, de l'importance de se laver les mains ou de respecter ses voisins.
    Un petit jeu vaut bien mieux qu'un long discours...

    Et vous, quelles sont vos astuces pour ce genre de situations ?
    Que faites-vous pour que vos enfants se lavent les dents par exemple ?

    Bon week-end et à très vite !

    Pin It

    votre commentaire

  • Se préparer à un accouchement physiologique

     
    Je ne sais pas si c'est une mouvance, une mode, ou une envie d'indépendance, mais j'entends de plus en plus de femmes autour de moi, qui disent vouloir accoucher de façon physiologique. Que recherchent-elles ? Que recherche-t-on ?
    Pour certaines, il s'agit de reprendre possession de son corps après un ou plusieurs accouchements très trop médicalisés. Pour d'autres, il s'agit de faire confiance à la nature qui est si bien faite et qui nous a permis d'arriver jusqu'ici. Pour d'autres encore, c'est la peur de l'hôpital, des piqûres, des machines, ou même une impossibilité à avoir la péridurale pour des raisons de santé.

    Quelle que soit la raison, cette décision devient une quête. Il faudra se préparer physiquement, psychologiquement et affronter les remarques de l'entourage, les remarques du personnel soignant, certains protocoles hospitaliers... En bref, être hyper informés.
    Lors d'un accouchement, on est souvent plus vulnérables, parfois épuisées, parfois déconnectées de la réalité. Et prête à tout accepter, à être prise en charge, soulagée. Mais on peut se rendre compte après coup qu'en temps normal on n'aurait absolument pas décidé cela pour soi.

    Comment savoir ce que l'on souhaite et ce que l'on ne souhaite pas ? Alors même qu'on accouche pour la première fois ? Comment savoir quelles seront les sensations ? Que se passera-t-il réellement dans notre corps pendant le travail ? Quel chemin va parcourir le bébé ?
    Comment vais-je trouver la force de le mettre au monde ?
    Comment se préparer à cette tornade, cette tempête qu'est l'accouchement ?

    Dans cet article sans prétention, j'essaierai de vous donner les conseils que j'aurais aimé avoir avant d'accoucher la première fois.


    Préparer son corps

    Dormir

    Ai-je vraiment besoin d'expliquer ? Un accouchement, c'est très physique, ça demande de l'endurance. Alors comme une sportive se préparant à un triathlon, on dort suffisamment pour être au top de sa forme le jour J ! Et si on a déjà un ou plusieurs enfants, on délègue dans la mesure du possible pour glaner une sieste par-ci par-là !
    Et le jour J, tant que c'est possible, on active le mode marmotte et on dort ! Même cinq minutes entre chaque contraction ! Je vous jure que ça fait toute la différence !

    Manger

    Des besoins primaires, en fait !
    Comme pendant toute la grossesse, on fait attention à son alimentation pour avoir tous les nutriments dont on a besoin. Une prise de sang un ou deux mois avant la DPA pour évaluer le taux de fer peut être une bonne idée, car une carence en fer entraîne de l'épuisement et on veut évidemment se l'éviter le jour J !
    Et si lors de l'accouchement on a faim (ce n'est pas le cas de toutes), on n'hésite pas à manger, surtout avant de partir pour la maternité. Il faut du carburant pour accoucher...
    Et on n'oublie pas non plus de bien s'hydrater, of course !

    Avoir une activité physique

    Dans la mesure du possible, évidemment, on continue de pratiquer une activité physique. La marche, la danse, le yoga, la natation... Pour ma part j'ai du emmener mlle D à la crèche pendant les quelques semaines d'absence d'Alfredo.  Quarante minutes de marche aller (vingt minutes quand on n'est pas enceinte, mais je prenais mon temps ^^), en montée, avec la demoiselle dans la poussette, plus le retour à la maison et rebelote le soir. Bon à part ça je ne faisais plus rien hein !! Mais ça faisait du bien de sortir prendre l'air, respirer un peu.

    Hydrater son périnée

    Vous avez peut-être entendu parler du massage du périnée ? Il s'agit de quelques mouvements qui aideraient à détendre les muscles du périnée et les préparer pour une dilatation easy peasy le jour J. Bon, ce "massage" (personnellement j'ai testé et pas du tout apprécié) n'est pas obligatoire. Ce qui compte surtout, c'est d'hydrater cette zone qui va se tendre et s'étirer un max. Donc pour rendre la peau plus souple et élastique, on applique de l'huile.
    La marque Weleda en vend une qui sent très bon mais qui coûte un peu cher (heureusement, s'il en reste après l'accouchement, on peut la garder s'en servir comme lubrifiant).
    L'huile de pépin de raisin fait aussi très bien le job (ne me demandez pas pourquoi celle-là particulièrement). Et si vous ne la finissez pas, elle finira en vinaigrette !


    Préparer son mental

    Envisager les choses autrement

    Dans l'imaginaire collectif, un accouchement est très douloureux, les contractions sont insoutenables et ça peut vite tourner au cauchemar (merci les séries télévisées qui nous montrent des accouchements plus rocambolesques et traumatisants les uns que les autres).
    Alors oui, accoucher, ça fait mal. Mais ça fait beaucoup moins mal quand on voit les choses autrement. Ma sage-femme avait comparé les contractions à des vagues dans la mer du Nord. On en voit une arriver, on appréhende un peu, on se prépare, on encaisse en soufflant au moment ou elle vient nous lécher les jambes, la taille, le ventre et puis elle repart et malgré tout on continue d'avancer dans l'eau, prête pour la suivante. Les contractions sont des vagues, qui viennent et repartent. Et quand une contraction repart, comme on se sent bien !!! Voilà, je crois qu'il faut voir le verre à moitié plein :)

    De même pour la dilatation col-périnée-vulve. Le corps est tout à fait capable de faire passer ce bébé sans se briser. Prendre le temps, visualiser cette partie de son corps qui s'ouvre, l'aider à se détendre, se répéter quelques mantras (sans être quelque chose de forcément ésotérique, l'idée c'est de s'aider en gardant une image positive de la dilatation pour ne pas être submergée par la peur et les sensations douloureuses), demander le soutien de la personne qui nous accompagne, souffler, chanter/crier des sons graves... Oui, le corps peut le faire, il en est capable, il est même fait pour...

    Trouver LA sage-femme

    Pour le suivi de ma première grossesse, j'avais choisi un gynéco de mon quartier qui était recommandé par toutes les femmes croisées en salle d'attente du centre médical. Effectivement, il était gentil, doux, efficace, rassurant, toujours enjoué, une crème ! Mais pour ce qui était de la préparation, c'était vraiment le vide intersidérale. Je me suis donc inscrite à une préparation classique à l'hôpital. C'était très cliché (tout le monde sur le dos, inspirez, bloquez, poussez!), on survolait chaque question, les sages-femmes n'étaient pas mères elles-mêmes... J'ai donc suivi en complément une préparation avec une kiné haptonome. Pour ce qui est de l'haptonomie, nous n'avons pas pu en faire beaucoup, avec les longues absence d'Alfredo. Mais j'étais persuadée de bien me préparer car j'étais très assidue entre chaque séance de kiné. Je révisais les postures à adopter pendant les contractions et avais bien assimilé l'information principale : bouger ! La kiné était douce, gentille, et je baignais au pays des Bisounours. Le jour J, je suis tombée de très très haut... Tout ça n'était pas suffisant.
    Au début de ma deuxième grossesse, j'étais suivie pas une sage-femme qui m'infantilisait, qui a émis très clairement des doutes sur ma capacité à accoucher sans péridurale, qui refusait presque mon envie d'accoucher dans une position autre que sur le dos... J'ai fini par en chercher une autre et à 6 mois de grossesse, j'ai trouvé la perle.
    Elle a su nous aider à esquisser notre projet de naissance, à bien le rédiger selon notre vécu, nos peurs, nos désirs et sans blesser le personnel de la clinique. Elle a su nous préparer au pire (césarienne, "code rouge" par exemple), à rester sûrs de nous face à un comportement trop protocolaire des soignants. Elle a su me faire complètement déstresser sur la douleur des contractions, notamment grâce à des visualisations, des images et une séance d'hypnose. Elle a su me faire sentir avec ses doigts ce que j'allais ressentir au moment où bébé allait appuyer sur le périnée postérieur, ce qui provoque l'envie de pousser. Elle m'a appris à bien me positionner pour éviter les déchirures, qu'importe la position que j'allais adopter le jour J. Elle m'a aidée à préparer ce deuxième allaitement. Elle a eu les mots qu'il me fallait pour m'accompagner tout au long du travail, même lorsqu'elle n'était plus là. Et tout aurait été vraiment parfait si elle avait pu être là pendant l'accouchement. Mais c'était une sage-femme libérale et il n'y avait pas de plateau technique dans la clinique.
    Pourquoi je raconte tout ça ? Parce que toutes ces petites questions sont importantes pour se sentir soutenue et aidée dans la préparation. Si on a le moindre doute sur la personne qui nous accompagne dans la préparation, il ne faut pas hésiter à changer. C'est bien trop important. Et même au dernier moment, car en deux ou trois séances, on peut déjà débloquer beaucoup de peurs et avancer !

    Lire

    Je n'ai pas tout lu, et je ne parlerai pas de ce que je ne connais pas. Mais il y a un livre dont il ne faut absolument pas passer à côté si on veut accoucher de façon physiologique ! Ce livre m'a bouleversée. Il s'agit du "Guide de la naissance naturelle", d'Ina May Gaskin. Un pavé qui se dévore. Qui m'a fait ouvrir les yeux et m'a rendue impatiente d'accoucher.
    Ina May Gaskin est une sage-femme de la communauté The Farm, implantée dans le Tennessee depuis 1971. Elle a accompagné plus de 2000 naissances et est une des personnalités les plus importantes pour les accouchements favorisants le bien-être de la mère et de l'enfant.

    Se préparer à un accouchement physiologique


    La première partie du livre est faite de témoignages. La magie de ces témoignages, tous différents, est que l'accouchement est perçu comme quelque chose de normal, naturel. On se rend compte que malgré certaines difficultés (travail long, gros bébé, bassin étroit...) le corps est tellement bien fait qu'il est possible d'accoucher de façon physiologique si l'on est bien accompagnée. Certains récits témoignent aussi de rares fois où une hospitalisation a été obligatoire et salutaire.
    La deuxième partie explique quelles sont les magnifiques facultés du corps de la femme pour accoucher.
    Ce livre mérite un article à lui seul (oui, c'est de lui que je parlais en février ou mars dernier !). J'ai beaucoup de mal à trouver du temps ces jours-ci et il y a plusieurs articles en attente déjà, mais je me le note pour vous en parler en détail plus tard. Pour les plus pressées, essayez de vous le procurer, ça vaut vraiment le coup ! Ce livre a été déterminant dans ma façon d'aborder mon deuxième accouchement et je pense sincèrement que chaque femme pourra se sentir plus forte après l'avoir lu.

    Regarder des vidéos

    Même si filmer ces vidéos va totalement à l'encontre d'un processus physiologique, les vidéos d'accouchements (notamment à domicile) permettent de comprendre.
    Comprendre que nous ne serons plus la même à ce moment-là, que le corps fait parfois les choses seul sans qu'on ne lui demande rien, qu'un accouchement peut être long... ou très rapide, comprendre que la femme recherche ce qui l'aide à se sentir bien, et qu'à l'instant T elle sait exactement ce dont elle a besoin...
    Voir une dilatation, une tête de bébé qui apparait, qui sort, faire abstraction du sang, inhérent à tout accouchement, et se focaliser sur la faculté qu'a le corps de la femme pour mettre au monde son enfant.

    S'il y a une vidéo qui m'a particulièrement touchée lors de ma grossesse, c'est celle-ci :
    Entre leurs mains
    Et Alfredo, qui l'a visionnée avec moi, n'y a pas été insensible non plus.
    Cette vidéo traite du métier de sage-femme et des conditions difficiles pour accompagner les accouchements à domicile (dues au coût extrêmement élevé des assurances). La façon de filmer est très pudique, on peut bien s'imprégner de l'ambiance d'un accouchement physiologique (calme, pénombre, chuchotements) et on se prend une belle dose d'empathie en assistant aux accompagnements tout en douceur des sages-femmes.

    Vous pouvez aussi chercher des témoignages vidéos d'accouchements physiologiques, il y en a un paquet sur le net et ils peuvent donner de bonnes idées sur la façon dont on a envie de se préparer et sur ce qu'on souhaite mettre dans notre projet de naissance.

    Voilà je m'arrête là et suis heureuse de poster enfin cet article !
    Trois semaines que j'ai commencé à l'écrire, mais entre les bronchites, otites et autres joyeusetés des filles, les vacances pendant lesquelles on a accueilli des amis à la maison et un tricot qui me tenait en haleine, l'ordinateur est resté souvent fermé.

    Prenez soin de vous

    - Lilaluna -

    Pin It

    votre commentaire
  • 15 avril 2018

    Tout est organisé ! Mlle D a trois ans aujourd'hui, et aujourd'hui elle part chez ses grands parents pour une semaine. Bébé peut arriver, on est prêts !

    18 avril 2018

    Je suis agacée. Je ne sais pas pourquoi, je m'étais mise en tête que bébé-soeur allait naître le 17 et voilà qu'on est le 18. En fait j'ai peur. Alfredo doit partir travailler le 22. J'ai peur d'accoucher seule... Et la peur me met en rage. Alors je remonte mes manches et je fais le grand ménage. Une éponge grattante, du savon noir et me voilà à quatre pattes à frotter le sol de la cuisine. Une heure plus tard, je me rends compte que le sol est poisseux : j'ai mis trop de savon. C'est reparti pour un tour, deuxième lavage, à quatre pattes encore une fois.
    Quand Alfredo rentre de son entraînement, il me trouve toute échevelée et fatiguée. "Ça va aller pour ce soir ? On avait prévu d'aller au cinéma..."
    - Je ne sais pas, j'ai pas mal de contractions, mais ça m'étonnerait que j'accouche aujourd'hui."
    Nous partons donc pour notre dernière soirée-ciné en amoureux avant longtemps...
    Pendant le film, les contractions s'arrêtent. Elles reviennent sur le chemin du retour. J'en ai beaucoup mais je sais que ce ne sont pas des contractions de travail. Elles ne sont pas très douloureuses, juste fatigantes. On prend notre temps pour rentrer, la soirée est douce, il fait bon.

    19 avril 2018

    6h Je suis réveillée en sursaut par une contraction douloureuse. Cette fois-ci, je sais que ça commence. Je sais aussi que j'ai besoin de repos. Je reste au lit et somnole encore 1h, réveillée régulièrement par des contractions.

    7h J'envoie un sms à E. ma sage-femme, pour lui dire que ça a commencé et lui demander de passer dans la matinée. Elle me répond qu'elle passera vers 11h. Je me demande si nous ne serons pas déjà partis à la maternité... Je vais prendre un petit déjeuner, fais un gâteau, toute la vaisselle de la veille, range un peu l'appartement, plie du linge, prépare un café pour Alfredo qui dort encore dans la chambre vide de mlle D... Le tout ponctué de vagues intenses pendant lesquelles je m'appuie sur un mur, une table, le plan de travail de la cuisine. Je respire profondément, je suis sereine et heureuse. E. m'a dit de continuer à vivre ma vie et à m'occuper pendant que le corps fait son travail. Alors je le fais.

    Je réveille Alfredo. Il me demande si c'est pour aujourd'hui, je lui réponds que peut-être bien et que la sage-femme va bientôt passer. On se sourit et il me prend dans ses bras. 

    Je prends une douche, m'habille, sors mes travaux de couture et tricot non terminés et m'assois sur le ballon qu'on m'a prêté. Lorsqu'une vague arrive je tiens la table et fais rouler le ballon vers l'arrière en soufflant. De temps en temps je me mets à quatre-pattes, appuyée sur le ballon et je me berce. Je suis bien.

    11h30 E. arrive. Elle accompagne une contraction, montre à Alfredo où appuyer pour me soulager et nous partons dans la chambre pour examiner mon col. Mauvaise nouvelle, j'ai encore un bourrelet de col. Ça ne peut pas se dilater correctement tant qu'il ne sera pas effacé. Il est pourtant déjà un peu ouvert, mais ça peut rester longtemps comme ça... Je suis déçue, j'ai peur que ça soit long, comme la première fois. On mange un bout de gâteau, on plaisante, ma sage-femme me conseille "d'écraser ma pâte à tarte" en faisant du ballon et s'en va. Alfredo fait une salade de riz et je retourne à ma couture en faisant rouler mon ballon de plus belle.

    Après-midi Je passe beaucoup beaucoup de temps sur le ballon et à quatre-pattes. Je m'accroche au bord de la table ou demande à Alfredo d'appuyer sur mon sacrum pendant les contractions. Selon ma position, mes besoins ne sont pas les mêmes et Alfredo reste près de moi, à l'écoute, disponible. Je sens que je commence à fatiguer un peu et me fait donc couler un bain. Cette fois-ci (souvenir de mon premier accouchement), je ne vais pas m'allonger dedans ! Je me mets donc en tailleur, appuyée sur le rebord. Ou à genoux, presque à quatre-pattes. Ma baignoire n'est pas grande, je dois un peu me contorsionner pour changer de position, mais l'eau chaude me fait du bien. J'essaie vraiment d'accepter les contractions, de les voir comme des vagues qui viennent et s'en vont. Mais j'ai de plus en plus mal et le temps paraît long.

    19h45 Ma sage-femme revient. Le bourrelet de col s'est ramolli et effacé, mais le col est plus ouvert derrière que devant, d'un petit 2. J'éclate en sanglots, j'ai tellement peur que ça se passe comme la première fois, que ce soit long et que je m'épuise (et puis bon, les hormones ne sont pas en reste). Je n'accepte plus les contractions, je les subis et tout ça n'est pas très efficace. On parle beaucoup, on cherche ce qui bloque, elle me rassure en me disant que dès que j'aurai réussi à lâcher prise, le travail irait très vite ! Pendant l'entrevue, j'ai plusieurs contractions. E. me dit "lâche... accompagne-la...", elle me masse et appuie sur mon sacrum. Ça me soulage tellement ! Ses mots et ses gestes me font du bien. Elle me conseille de pleurer si j'en ai besoin, puis prend congé en nous disant bonne nuit et bon courage.

    On mange et je couds assise sur le ballon, de plus en plus énervée.

    22h Ça suffit ! Je décide d'accélérer les choses en marchant et d'aller faire le tour du pâté de maison. Nous progressons lentement, je m'accroche au bras d'Alfredo et m'appuie sur les voitures tous les trois mètres. Alfredo continue de me dire "lâche" et "accompagne la". Je pense à m'ouvrir, je visualise des écluses, une fleur qui s'ouvre, ou mon bébé qui descend. J'oscille entre pleurs et joie. Je suis heureuse que ça ait commencé mais j'ai tellement peur que ça dure deux jours !

    Arrivés devant la porte, je dis à Alfredo que j'ai l'impression de sentir la tête de bébé entre mes jambes, je veux partir pour la maternité. On remonte, on prend la valise, le sac, les dernières affaires et on y va.

    20 avril 2018

    Minuit On arrive enfin à la maternité après un périple d'une heure (habituellement, on met 10min à pieds). La sage-femme qui nous accueille nous donne des blouses et nous abandonne dans un sas. Je suis épuisée par la longue marche. Une fois changés, elle nous invite dans une salle d'accouchement pour m'examiner. Je demande si la salle nature est libre. Elle l'est mais il faut d'abord savoir où j'en suis dans le travail. La sage-femme introduit ses doigts dans mon vagin et me dit "au fait, j'ai mis un peu d'savon pour que ça glisse !" Mon énervement monte d'un cran, j'aurais aimé être prévenue avant, j'avais apporté de l'huile ! Elle m'annonce que je suis à 2. Encore ?! Je suis déçue, triste, énervée... Je me relève et demande à passer aux toilettes avant de nous installer dans la salle nature. J'en profite pour essuyer le savon en rageant.

    La salle nature me paraît nulle. Il y a juste un lit rond, c'est tout. Pas de tissu pour se suspendre, de baignoire, les ballons sont trop petits, trop durs ou dégonflés, un sticker de branche d'arbre orne un mur violet. Alfredo me demande si je veux rentrer à la maison ou s'il va chercher mon ballon... Mais non, je ne veux pas remettre une heure à rentrer (et une heure à revenir !) et je préfère qu'il reste avec moi. Je suis en colère et c'est peut-être finalement ça qui déclenchera le vrai travail.

    Le monitoring que m'a posé la sage-femme avant de disparaître est interminable, il se décroche tout le temps. La sage-femme s'occupe à peine de nous, alors que je suis la seule à accoucher cette nuit dans le service. Je tremble comme une feuille entre les contractions, j'ai froid et elle ne trouve rien d'autre que des draps. Alfredo va chercher une serviette dans la valise pour me couvrir. Finalement elle me propose de prendre une douche pour me réchauffer. Il n'y a rien pour y poser mes affaires, Alfredo les tient et attend devant la porte. Je m'assois sur un tabouret en plastique bancale et fait couler l'eau chaude sur mon ventre. La salle de douche est immense, il y fait froid, ça ne me réchauffe pas du tout. Je laisse tomber, me sèche et retourne dans la chambre. Entre temps, une sage-femme a rapporté une couverture des chambres de maternité. Je m'installe à quatre-pattes sur le ballon, la couverture sur moi.

    Un homme vient me faire une prise de sang. Il sent la transpiration. Il me demande de ne pas bouger alors qu'une violente contraction me prend. "J'aimerais bien vous y voir !" Il grommelle et s'en va. A quatre-pattes, les genoux sur le sol sans tapis, j'ai mal et me sens abandonnée. Je craque une bonne fois, éclate en sanglots et demande à Alfredo si la péridurale va shooter mon bébé. Il me répond que non. Je prends cette réponse comme un feu vert pour la demander si j'en ai besoin, j'ai vraiment l'impression que je ne vais pas y arriver...

    Finalement, la colère, les pleurs et cette dernière résignation me permettent de finir par lâcher-prise. Lorsque la sage-femme revient pour m'examiner, je suis à 4 ! Je me tourne vers Alfredo avec un grand sourire. Je suis heureuse et de nouveau pleine de confiance et de motivation. Je suis en travail ! Enfin ! Et je sais, grâce aux séance d'auto-hypnose, que ça va être rapide.

    On alterne le travail à quatre-pattes sur le ballon et le repos dans le lit rond. Comme mes contractions sont intenses mais très espacées, je m'endors 8 ou 10 minutes entre chaque. Une sage-femme vient me poser des aiguilles d'acupuncture pour soulager mes douleurs dorsales, car même si cette fois-ci bébé est bien placée contre mon ventre, j'ai quand même mal au dos. Ça ne fonctionne pas. Elle en pose aussi pour aider la descente de bébé. Pour le coup, je la sens bien descendre et appuyer de plus en plus sur le col.

    A quatre-pattes, avec mes aiguilles dans le dos et sur les pieds, j'ai autour de la taille la ceinture du monito qui ne tient pas. Alfredo reste près de moi à le tenir contre mon ventre pour que le relevé des battements cardiaques ne soit pas "en pointillés", comme s'en plaint la sage-femme, obnubilée par ce relevé. Elle revient pour retirer les aiguilles et m'examiner, et m'annonce que ça a bien avancé : je suis à 8 ! J'ouvre de grands yeux. Déjà ?! Elle me dit que l'acupuncture a bien fonctionné. Et moi ?! Je ne suis pour rien dans cette avancée ? A chaque contraction, je visualise mon col qui s'ouvre, je m'efforce de détendre mon périnée et même tout le bas de mon corps, je souffle longtemps en chuchotant "lâche, lâche, lâche, lâche, lâche..." ou "accompagne-la" et lorsque je perds pied et gémis, submergée par la douleur, Alfredo me ramène et me recentre en me répétant ces mêmes mots. Lui-même joue un sacré rôle : il me soulage à chaque contraction en appuyant sur mon sacrum et en faisant basculer mon bassin. Sans compter que c'est la seule personne sur laquelle je peux m'appuyer ici, le seul qui m'aide et me soutient vraiment.

    Je suis donc à 8. Dans ma tête ça fuse. Est-ce que je veux la péridurale ? Si je la veux, c'est maintenant qu'il faut la demander. Mais je me tais. Allez, j'y suis presque, je tente. La sage-femme part chercher de quoi me poser une perfusion, elle s'installe au bord du lit, essaie de piquer mais n'y parvient pas et laisse tomber "pour l'instant". Elle repart, revient... ce moment devient flou, je ne sais plus bien ce qui se passe. Elle nous laisse 20 minutes environ et Alfredo m'incite à m'allonger pour me reposer car la fin arrive et sera sûrement très intense. On s'allonge tous deux et on s'endort. Je suis réveillée deux fois par de longues et douloureuses contractions. Alfredo s'est endormi en calant son poing contre mon sacrum et je me débrouille avec ça pour gérer la douleur très intense.

    Quand la sage-femme revient, j'ai juste le temps d'apercevoir ses chaussons bleu turquoises qu'une nouvelle contraction arrive. Je m'accroche au cadre de lit et souffle. La sage-femme me dit de lui faire signe quand ça redescend. Pendant ce temps, Alfredo se réveille et se redresse. "Ça redescend ?" me demande la sage-femme. Je lui fais signe que pas vraiment...
    "Ça pousse...
    - C'est normal ! Bon on ne va pas tarder à passer dans l'autre salle ! Vous me dites quand ça redescend et on y va !"
    Normalement, on ne peut pas accoucher dans la salle nature. Elle n'est prévue que pour le travail. Il faut traverser le couloir pour aller accoucher dans une salle classique.
    Mais la contraction s'intensifie encore. Je n'ai pas envie de pousser, mon corps le fait tout seul. Et comme me l'avait fait sentir E., ça pousse au niveau du périnée postérieur... Gloups ! j'ai l'impression de faire caca. Submergée par l'intensité des sensations je hurle et entre deux hurlements je leur fais part de ma crainte. "Oh, à peine, ce n'est pas grave" me répond-on. Je m'énerve car j'ai besoin de me sentir propre pour me lâcher complètement. La sage-femme commence à comprendre que je vais accoucher, là, maintenant, et qu'il n'est plus question de changer de salle. Mon corps continue de pousser tout seul. La poche des eaux finit par éclater, inondant mes cuisses d'un liquide chaud. Je ne sais trop pourquoi ça me rassure, comme si la porte était enfin ouverte pour mon bébé. La sage-femme appelle ses collègues à la rescousse.

    Je ne sais pas bien ce qu'il se passe dans la pièce. Je sais juste qu'elles sont deux ou trois et j'entrevois un fauteuil roulant. Espéraient-elles encore me faire déménager ? Je suis allongée sur le lit et incapable de bouger, encore moins de me lever. Je sens une brûlure énorme entre mes jambes, la vulve qui s'étire et se dilate. Je mets ma main entre mes jambes, espérant sentir les cheveux de bébé sous mes doigts mais ne sens rien. Ça me fait paniquer intérieurement. Mon bébé n'est pas encore en train de sortir et j'ai déjà l'impression que mon corps va exploser, se déchirer en deux. J'ai peur de mourir, je le dis, on me rassure, je me concentre sur ma position. Pas question de bouger, je veux accoucher comme ça, allongée sur le côté gauche. Je crie "ma jambe !"car ma jambe droite est en l'air, perdue dans l'espace et je ne sais où la poser. Je sens qu'on me la cale et je me remets à pousser en soufflant. Ça me semble interminable et la douleur intense submerge tout le reste. On me parle mais je n'entends rien. Entre deux cris aigus qui s'échappent malgré moi, je pousse. Une fois, deux fois, peut-être quatre ou cinq, pas plus. Puis tout à coup j'entends "Ne poussez plus !!" J'attends en me disant que la tête est enfin sortie.
    J'apprendrai par la suite que bébé avait deux tours de cordon en bandoulière, ce qui ralentissait la descente et nécessitait de clamper et sectionner avant le dégagement de ses épaules et la sortie du reste de son corps. Les gestes de la sage-femme sont rapides et assurés.
    Quand on me dit de pousser à nouveau, il faut aller vite. Je pousse une fois en apnée et enfin elle sort !

    "Mon bébé!" Je sors automatiquement de ma bulle et me retourne pour l'accueillir. Je la vois, toute violette entre les mains de la sage-femme et l'attrape pour la garder près de moi. Elle est calme, ne pleure pas, je lui parle, la tient contre moi. Je me tourne vers Alfredo qui a passé ces dernières minutes derrière la tête de lit, sa main posée sur la mienne. Il est heureux et souriant.

    6h36

    Voilà, elle est là, contre moi, on se regarde, je suis émue.

    Mais pas le temps de s'attarder, cette fois il faut changer de salle. On enveloppe mini L dans un draps et on la met dans les bras de son papa. Je dois me lever pour m'asseoir dans le fauteuil roulant recouvert d'alèses jetables. J'ai une pince à clamper le cordon entre les jambes, l'impression d'avoir prit un camion de plein fouet, mais je suis heureuse et souriante et surtout impressionnée de pouvoir me tenir debout si vite. On traverse le couloir et je grimpe sur la table d'accouchement, où la sage-femme espérait me faire accoucher, pour faire les soins et la tétée d'accueil.

     

    -------------------------------------------------------------------------

     

    Dans les jours qui ont suivi, je me suis sentie très bien, en pleine forme, de bonne humeur, épanouie. J'ai été impressionnée de me sentir aussi bien après une telle épreuve physique !
    Par contre je n'avais pas imaginé ressentir une telle violence pendant l'expulsion et il m'a fallu quelques jours pour la "digérer". J'avais beaucoup lu sur le sujet de l'accouchement physiologique pendant ma grossesse, et on disait généralement que c'était intense, puissant. Les personnes qui m'ont raconté leur accouchement sans péridurale non volontaire (parce qu'arrivées trop tard à la maternité ou parce que la péri n'a pas fonctionné du tout) m'ont dit à quel point elles avaient trouvé ça violent. Je n'imaginais pas ressentir cette violence en étant préparée et en le voulant dur comme fer. Je ne l'avais lu nulle part, alors je le pose ici.
    Voilà : un accouchement physiologique bien préparé peut être vécu avec violence.
    Mais après dix jours de "digestion", j'ai décrété que si je devais encore accoucher un jour,
    je recommencerais de la même façon, sans aucune hésitation
    .

    J'ai l'impression d'avoir fait un sacré pied de nez à ceux qui ne m'en croyaient pas capable (oui oui, j'ai eu des remarques pas très respectueuses pendant ma préparation). Je voulais un accouchement physiologique et sécurisé, ça ne pouvait pas mieux se passer. Pas de perfusion, pas de péridurale, pas d'épisiotomie et une toute petite déchirure que je décide de ne pas faire recoudre, une position que je choisis... Mais surtout j'ai accouché dans cette salle nature, là où normalement personne n'accouche faute de formation des sages-femmes. E. m'avait dit "et si tu accouches là et bien la sage-femme aura droit à une formation gratuite !". Et bien elle n'était pas ravie, mais ça m'est complètement égal !

    Si vous avez déjà lu le récit de mon premier accouchement, vous remarquerez peut-être que je n'ai pas envisagé les choses de la même façon cette fois-ci. Bien sûr, tous les accouchements sont différents, mais la préparation joue beaucoup dans la façon d'appréhender les choses...
    Je vous reparlerai bientôt de la préparation. Je souhaite juste revenir sur quelques points.

    Faire caca pendant l'accouchement ?

    Je me débarrasse tout de suite de cette partie pas glamour ^^
    Faire caca à l'accouchement ça arrive souvent et les sages-femmes et gynécos ne s'en formalisent pas.  Mais c'est vrai que pour l'estime de soi, ça peut être gênant de déféquer devant son/sa partenaire !
    Voilà pourquoi il est très important de parler de ses problèmes de transit pendant les séances de préparation à l'accouchement. Si on est constipée à la fin de la grossesse, il est sûr que ça sortira le jour J, pour faire de la place à bébé ! Il existe des solutions, notamment boire beaucoup d'eau, mais pas que. Renseignez-vous bien auprès de votre gynécos/SF/médecin généraliste.
    Le plus souvent, le corps "fait le ménage" au début du travail, hormones et contractions activent le transit et bien avant de pousser, si vous n'avez pas mangé pendant le travail, vous n'avez plus rien dans le ventre. Mais si vous avez envie de manger avant de partir à la maternité, n'hésitez surtout pas ! Il faut prendre des forces pour l'épreuve physique qui vous attend !
    Et si vraiment ça vous fait peur... suppositoire à la glycérine. Non, ne me remerciez pas !


    Les émotions

    Lors d'un accouchement, on passe souvent par toutes les émotions. Joie, peur, sérénité, colère, tristesse, amour... J'ai été étonnée de ressentir autant de colère et d'avoir eu le cran d'envoyer bouler infirmier et sage-femme... Ceux qui me connaissent bien savent que ce n'est vraiment pas dans mes habitudes, je ne me mets quasiment jamais en colère et de là à pester sur les gens..!!! Mais en même temps, ce n'est pas si étonnant. On n'est pas soi-même lors d'un accouchement, et c'est tant mieux. Comme lors d'un acte sexuel, pour bien lâcher prise et laisser le corps faire son travail, le cerveau archaïque, celui qui sait comment accoucher, va inhiber le néocortex, très rationnel et intellectuel et l'inciter à aller prendre sa pause café. Si les émotions sont si fortes et si présentes, c'est parce que le néocortex perd le contrôle et il faut absolument laisser faire et ne pas solliciter la femme qui est en train d'accoucher. Privilégier la pénombre, être présent mais ne pas trop parler ni questionner... Rester dans le rationnel est prendre le risque de ralentissement et de complications.
    Donc lâchez-vous !

     ...et prenez le temps de regarder cette jolie vidéo de Michel Odent 


    Des contractions pas douloureuses ?

    Tout au long de sa grossesse, on peut ressentir des contractions qui ne sont pas très agréables, mais pas vraiment douloureuses. Elles sont parfois le signe que le corps en fait trop et doit se reposer. Pas évident quand elles apparaissent dès le 3e mois ! On les appelle contractions de Braxton Hicks (du nom du médecin les ayant décrites en 1872) et elles entraînent l'utérus et le préparent à l'accouchement. Normalement, elles n'ont aucune influence sur le col, contrairement aux contractions dites de travail. Une vidéo l'explique très bien, imagée par un ballon et une balle de ping-pong :


    Choisir sa position pour accoucher

    Lorsque je me suis préparée pour mon premier accouchement, j'ai fait une préparation classique à l'hôpital, et si on m'a dit qu'il était possible d'accoucher sur le côté, selon le bon vouloir de la personne qui nous accompagne, nous nous sommes toutes entraînées à accoucher sur le dos, pattes en l'air et en apnée. Le problème de cette position, c'est qu'on risque de se déplacer le sacrum (vu qu'il est coincé contre la table), ce qui est plutôt douloureux et handicapant pour les suites de couches. Le problème de cette position ET de cette façon de pousser, c'est que les déchirures sont difficilement évitable. Mais cette position est idéale pour les gynécologues donc on ne va pas trop les embêter, hein madame !
    N'oubliez jamais, c'est VOUS qui accouchez, c'est VOTRE corps et celle qui subira les conséquences d'une position qui ne vous convient pas c'est aussi vous. Parce que lorsqu'on accouche sans péridurale (ou avec une péridurale pas trop forte), si on s'écoute, on sait quelle position nous soulagera ou nous semblera la plus appropriée pour accoucher. Et on le saura sur le moment, pas avant.
    Pendant la préparation à l'accouchement de mini L, je m'imaginais très bien accroupis ou à genoux.
    Et puis finalement j'ai accouchée allongée sur le côté gauche et j'en suis très heureuse.
    E. m'a vraiment bien préparée à ces trois positions (sur le dos, à quatre-pattes/à genoux, allongée sur le côté). Et à l'instant T, quand j'ai su que ma fille allait sortir, mon cerveau rationnel a repris le dessus seulement quelques secondes le temps d'ajuster ma posture :
    - jambe droite en l'air ? Check !
    - jambe gauche tendue en arrière ? Check !
    - bras qui s'appuient et poussent vers le haut (la tête de lit) ? Check !
    - poussée en ouvrant le périnée ? poussée en soufflant ? Double check !
    Et c'est finalement la dernière poussée, en apnée, lorsqu'il a fallu faire sortir mini L très rapidement qui a provoqué une petite déchirure. Car pousser en apnée, c'est envoyer bébé comme un ballon de foot vers la sortie, sans laisser le temps à la vulve/le périnée de se dilater complètement (je vous renvoie encore une fois à la vidéo ci-dessus qui permet de s'en rendre compte).
    Rassurez-vous, on se remet bien mieux d'une petite déchirure que d'une épisiotomie.

    Ça va ? L'estomac est toujours accroché ? :)
    Je n'imaginais pas, en démarrant ce blog, parler de sujets aussi intimes. Mais lorsqu'on se prépare à un accouchement, il est extrêmement important de s'informer. Et je trouve que j'ai cruellement manqué d'informations pour mon premier accouchement. Aussi je laisse mon témoignage sur la toile, en espérant aider des futures mères à mieux comprendre et appréhender les choses.
    Il ne faut pas perdre de vue que chaque accouchement est différent, peut-être vécu différemment selon chacune, le lieu, là où nous en sommes dans notre vie... Mais se nourrir de témoignages c'est comprendre, apprendre et se préparer à toutes les situations.

    Alors pour celles qui sont en plein dedans, bonne préparation !
    Et je vous retrouve tout bientôt pour le troisième et dernier volet sur l'accouchement !

    Bonne fin de semaine


    votre commentaire
  • 12 avril 2015

    Alfredo est enfin rentré de tournée. Une amie sage-femme vient à la maison répondre à toutes nos questions pour qu'il puisse se préparer doucement à l'arrivée de notre premier enfant. On parle de l'accouchement, de notre projet de naissance, elle nous montre les gestes pour porter bébé, donner le bain... Elle me prête un beau livre sur l'allaitement : "Le guide de l'allaitement naturel" d'Ina May Gaskin. Je lui dis que j'ai mal au dos depuis peu. Elle me répond que c'est pour bientôt.

    13 avril 2015

    Il est 7h. Je suis réveillée depuis 4h et quelques... J'ai bien mal au ventre mais j'ai du mal à savoir si le travail a commencé. J'espère que non, que ça va passer, car j'ai rendez-vous chez la chiro aujourd'hui et je compte profiter de cette séance pour me sentir bien dans mon corps avant l'accouchement. J'ai mal partout et je suis fatiguée. J'ai du dormir 3h cette nuit, je ne me sens vraiment pas d'attaque.

    9h45 On arrive à l'hôpital. Une sage-femme m'examine. Le col est ouvert mais pas suffisamment pour dire que le travail a commencé. Je fais un premier monitoring, puis un deuxième. C'est raté pour mon rendez-vous ! On finit par rentrer chez nous.

    16h30 Je suis épuisée. Je vais m'allonger et m'endors au bout de 30min.

    18h45 Je me plonge dans un bain chaud. Je suis dans un état second. Les contractions ne sont pas trop fortes, j'en supporte 6 ou 7 avant de sortir. Puis on mange en essayant de regarder un film, mais les contractions ne me lâchent pas. Je vais me coucher pour essayer de dormir le plus possible avant demain. Un cachet, une bouillotte et zou !

    14 avril 2015

    1h45 J'ai à peine dormi et me voilà réveillée violemment par une contraction. J'essaie de me rendormir mais au bout de 30 minutes il faut se rendre à l'évidence, c'est impossible. Je vais donc dans le salon pour laisser Alfredo dormir.

    2h30 Je commence à noter la fréquence des contractions. Lorsque j'en ai une et que je me penche en avant, du lait coule de mes seins et mouille mon t-shirt. Je pousse parfois des grognements, je me sens différente. J'essaie d'être forte et de "gérer la douleur" le plus longtemps possible. Toute seule. Et de faire avancer le travail en bougeant.

    4h Je mange un yaourt au citron pour tenir le coup, mais sans appétit. Je vais essayer de tenir comme ça le plus longtemps possible et lorsque je ne tiendrai plus je réveillerai Alfredo et appellerai l'ami qui s'est proposé pour nous conduire en voiture à l'hôpital.

    5h30 Je n'en peux plus, je réveille Alfredo en pleurant. Je suis épuisée, je veux retourner à l'hôpital. On se prépare, on réunit nos affaires et on attend notre ami en bas de l'immeuble. Je m'appuie sur une voiture pendant les contractions.

    6h50 Je suis accueillie par la même sage-femme : "vous n'avez pas la même tête qu'hier !" Je reste branchée à un monitoring pendant un temps qui me parait interminable. Je me tortille de douleur sur le lit. La dame à côté de moi envoie des sms. J'entends les dopplers des deux autres bébés. La sage-femme m'examine, le travail n'a presque pas avancé. Elle m'accompagne dans une salle pour prendre un bain chaud. Le ventre ainsi immergé, je m'endors un peu. Alfredo fait une sieste appuyé sur le rebord d'un lavabo. Le travail n'avance toujours pas, mon col est à peine ouvert. Pourtant, les contractions sont fréquentes et rapprochées... On nous conseille de rentrer chez nous, mais Alfredo insiste pour rester. Nous habitons loin, 50 minutes de tramway, quatre étages sans ascenseur... On décide alors de marcher deux heures dans le parc de l'hôpital. Nous en faisons deux fois le tour. Je m'appuie à chaque arbre, chaque banc, chaque voiture garée, je m'accroupis... Le soleil tape fort. Des gens qui nous croisent nous lancent des "félicitations !". On rit

    C'est le début d'après-midi. La sage-femme me dit que le travail a très peu avancé. Elle me présente celle qui prend la relève et toutes deux nous conseillent de nouveau de rentrer chez nous. Je fonds en larme. Je suis fatiguée, j'ai mal partout, j'aimerais que ça avance plus vite et accoucher enfin ! Elles se regardent et décident de nous installer dans une salle d'accouchement avec baignoire. Par chance, il n'y a pas grand monde aujourd'hui et la salle est libre. Je fais du ballon pendant que le bain coule. Une stagiaire vient me masser le dos et montre les gestes à Alfredo. Je suis assise et fais rouler le ballon. On m'incite à chanter des sons très longs et graves. La douleur irradie dans mes reins, les contractions sont très rapprochées. Lorsque j'entre dans ce bain, je parviens très difficilement à me détendre. J'ai froid et chaud à la fois, je n'arrive pas à m'installer correctement. Alfredo m'aide à sortir et encore mouillée, dans un état second, transpercée par une douleur puissante, je me jette sur le ballon et reste ainsi à quatre patte. Je tremble de fatigue et implore Alfredo de me masser ce qu'il ne cesse de faire pour me soulager. Les sage-femmes reviennent et me disent de me rasseoir sur le ballon. C'est terrible, seule la position quatre-pattes me soulage. J'ai du mal à bouger, je me sens raide, épuisée...

    "Je n'en peux plus, je n'en peux plus"... Alfredo m'a convaincue de demander la péridurale. Dans notre projet de naissance, je souhaitais accoucher sans. Oui mais. Je suis à bout de force.
    Lorsque la sage-femme m'examine, je suis à 5, presque 6. Il est 18h. Ça fait 38h que ça a commencé. Alors pas d'hésitation, je demande la péridurale. Branle-bas de combat, il faut mettre un cathéter dans une veine de mon poignet pour la perfusion. Les sage-femmes essayent trois fois sans succès. Je n'ai plus aucun répit entre les contractions, à peine l'une s'estompe qu'une nouvelle arrive. Je crie, je ne vois plus rien entre mes larmes que la lumière éblouissante du dehors qui passe par la fenêtre. Je broie la main d'Alfredo, j'ai peur de mourir...

    19h La péridurale commence à faire son effet. Mes jambes se réchauffent et se détendent. Les contractions s'estompent et je souffle enfin. Alfredo se détend en me voyant plus paisible. La sage-femme nous demande si nous somme d'accord pour que le gynécologue qui a suivi la grossesse vienne pour l'accouchement. Visiblement il insiste beaucoup au téléphone. Comme elle nous annonce qu'elle termine son tour de garde, on accepte, histoire d'avoir une personne connue pour la fin. A la base, nous souhaitions accoucher seulement avec la sage-femme qui nous a accompagnés pendant tout le travail. Mais puisqu'elle s'en va...

    On se repose avec de la musique et une lumière tamisée. Ça fait du bien.
    21h La nouvelle sage-femme et sa stagiaire viennent m'examiner. Le travail n'avance pas. On m'installe sur le côté avec un coussin d'allaitement. Je ne sens plus du tout mes jambes.

    On continue de se reposer et de reprendre des forces pour l'accouchement. Les contractions reviennent petit à petit et lorsqu'elles se font trop fortes, j'appuie sur le bouton de la péridurale pour avoir une nouvelle dose. Sans changement.

    23h30 Les sages-femmes reviennent et me disent que le travail n'avance pas. Elles suivent le monitoring depuis leur salle et visiblement les contractions s'espacent.
    Je me tords et souffle fort, les contractions sont de nouveaux assez intenses. La stagiaire appuie sur le bouton de la péridurale. "BIP"
    "... c'est sensé faire bip !?" J'ai donc mal appuyé la première fois.
    "Il va falloir déclencher avec des ocytocines." Voyant notre déception, elles nous proposent de commencer par rompre la poche des eaux. J'accepte. On soulève les draps et... Oh ! il semblerait que la poche des eaux soit déjà rompue !
    Après vérification, oui ! C'est bien ça ! "Bébé arrive, vous êtes à 10 !"

    On se regarde avec Alfredo, on n'y croit pas... après deux longues journées et toutes ces déceptions ! Enfin, nous y sommes !

    Les sages-femmes vont prévenir le gynécologue et s'affairent autour de nous pour tout préparer. On assiste à ce ballet un sourire béat aux lèvres.

    Le gynécologue arrive, nous sert la main, enfile ses gants et s'assoit. Le projecteur est allumé... action !
    Ah oui mais... je ne ressens plus aucune contraction ! D'ailleurs je ne ressens plus rien du tout. Quoi ? Je suis sensée savoir comment accoucher ? Alors que c'est la première fois et que je n'ai même plus conscience de la moitié de mon corps ?! L'ambiance est bon-enfant, chacun est à son poste. Alfredo soutient ma tête, la stagiaire me dit quand mon ventre contracte, le gynéco est entre mes jambes et la sage-femme derrière lui, tous deux fixés vers la tête de mon bébé qui tente de sortir. Et moi je regarde tout ce petit monde ayant l'impression de ne pas être dans la pièce avec eux.

    Pour m'aider et me motiver, la sage-femme me montre la tête avec un petit miroir. Je vois une touffe de cheveux noirs. Ma fille ! Elle a les cheveux noirs !!

    Je pousse... C'est long... Le gynéco et la sage-femme chuchotent, j'ai l'impression qu'on va me faire une épisiotomie. J'essaye de penser à autre chose, de me focaliser sur mon bébé. Alfredo me chuchote "vas-y, vas-y, elle est là". Je ne sens pas bien ce que je fais mais je pousse de toutes mes forces.
    "Poussez dans mes doigts" me dit le gynéco en appuyant autour de ma vulve. Mon corps en est secoué. J'ai l'impression de mal faire, on me rassure que ça avance bien. "Enervez-vous" me répète la sage-femme. Ca me donne du courage. 30 minutes... c'est long...

    "Ne poussez plus... Prenez la !" Ça y est ?! Elle est sortie ? Je tends les bras, je l'attrape, elle est toute molle et visqueuse, je l'attire à moi, la pose sur mon ventre. Elle crie, elle pleure avec son adorable petite bouche à l'envers. Je n'ai pas de mot, je suis... éberluée. Alors c'est toi ma fille ? J'ai l'impression que je ne la connais pas, que je la rencontre pour la première fois, malgré nos 9 mois passés ensemble. Je ne pleure pas comme j'aurais cru, je suis sous le choc et déjà pleine d'amour pour ce petit être.
    On se regarde avec son papa, on se sourit et on s'embrasse.

    15 avril 2015

    00h47 Nous sommes trois.

    --------------------------------------------------------------

     Ça fait drôle de revenir sur cet événement. C'était hier, ou il y a une éternité.
    J'ai décidé de vous le raconter, parce que j'ai compris pas mal de choses depuis. Et je me dis que si j'étais tombée sur ce genre de témoignage avant d'accoucher, mlle D serait peut-être née le 14...


    L'accouchement par les reins

    Alors voilà. Un accouchement très long, de fortes douleurs au niveau des reins, un col qui se dilate extrêmement lentement... Ne pas tergiverser mille ans, bébé est placé en postérieur (son dos contre notre colonne vertébrale, au lieu d'avoir son dos contre notre ventre).
    Et sa tête n'appuie peut-être pas sur le col !

    C'est douloureux. Très, très douloureux. Et épuisant.
    Mais il y a des solutions pour l'éviter.

    Avant tout je tiens à dire que je ne suis ni médecin, ni sage-femme et que chaque cas est unique et doit être accompagné par une personne du corps médical. Tout n'est pas juste question de positions adoptées par la mère et certaines situations nécessitent une manipulation.

    Cela dit, en évitant de s'asseoir "affalée", c'est à dire légèrement penchée vers l'arrière (comme dans le canapé, quoi !) on réduit les risque que bébé aille se caler dans notre dos.
    Personnellement, j'avais un utérus très contractile et j'ai donc passé presque tout le troisième trimestre à la maison, à tricoter sur le canapé... complètement affalée.

    Ensuite, en se rapprochant de la date prévue d'accouchement, on peut commencer à adopter une position penchée vers l'avant très souvent : en s'appuyant sur la table avec les coudes, en se mettant à quatre pattes, en se mettant à l'envers sur une chaise, les bras appuyés sur le dossier...

    Et le jour J, si bébé est toujours dans le dos, passer du temps penchée en avant. Le ballon peut être d'une grande aide pour se mettre à quatre pattes (et un tapis de sol ou un coussin pour les genoux également ^^'). Lorsqu'on a une péridurale, on peut s'allonger sur le côté, presque sur le ventre, en s'aidant d'un coussin d'allaitement. Dans mon cas, c'est précisément cette position qui a aidé mlle D à pivoter et à être dans l'axe pour s'engager dans le bassin.

    Si la tête n'appuie pas sur le col, elle ne peut aider à le faire se dilater. Il bosse tout seul en somme ! Alors on aura beau marcher des kilomètres, si bébé n'est pas dans l'axe et engagé dans le bassin, la pesanteur n'aura pas vraiment d'autre effet que nous fatiguer.

    Pourquoi une telle douleur ? En étant positionné ainsi, la tête de bébé s'appuie sur le sacrum maternel et étire le ligament sacro-iliaque (celui qui relie le sacrum à la fosse iliaque, vous savez les "oreilles de Dumbo" du bassin !). Pour soulager cette douleur, on peut demander à quelqu'un d'appuyer fortement sur le sacrum, ou de placer ses points sur les fossettes sacro-iliaques (aussi joliment appelées salières de Vénus). Soulagement immédiat garanti !

    Je peux vous assurer qu'ayant appris tout ça, je ne me suis pas laissée avoir deux fois !


    Une poussée de 30 minutes

    J'ai accouché de mlle D en Belgique. D'une pays à l'autre, les protocoles, diffèrent. En Belgique si tout se passe bien, on peut pousser 30min, même 40, avant d'envisager l'usage d'instruments ou une césarienne. Selon mon ancienne sage-femme, en France c'est 20 min.
    De quoi nous motiver à pousser, non...?


    Une "grosse péri"

     Lorsque j'ai raconté ma "mésaventure" à l'anesthésiste rencontré pendant ma deuxième grossesse, il m'a dit "On vous a fait une grosse péri' ! Vous avez eu une dose de cheval !". Outre le fait que la sage-femme stagiaire ait appuyé sur le bouton de la péri sans me demander mon avis et sans savoir où j'en étais réellement dans la dilatation (donc juste avant de devoir pousser), j'ai subi un bloc moteur entraînant une paralysie totale de mes membres inférieurs (hanches, genoux, chevilles, pieds) et ce jusque 4h après l'accouchement...

    J'imagine que dans l'état où j'étais, l'anesthésiste a voulu agir et me soulager très rapidement. Ce n'est pas sensé se passer forcément comme ça. Je ne regrette en rien le fait d'avoir pu me reposer avant la délivrance. Mais j'ai été frustrée de ne rien sentir au moment de pousser et d'être ainsi dépossédée de ce moment si important qu'est la naissance de son premier enfant. 

    Certaines maternités proposent une péridurale ambulatoire qui permet, si elle est bien dosée, de continuer à se mouvoir : bouger sur le lit, faire du ballon, ou même marcher. Il faut être au courant (je n'en avais jamais entendu parler avant ma deuxième grossesse !) et se renseigner en amont, lors de la préparation à l'accouchement, sur la possibilité d'en bénéficier le jour J (et ce, même si on veut accoucher sans péri !!).


    "Tout s'est bien passé !"

    Au final cet accouchement s'est très bien passé ...du moins sur papier.
    Par voie basse, sans instrument ni épisiotomie, maman et bébé vont bien, etc...
    Pourtant, il m'a laissé comme un goût amer en bouche, l'impression qu'il m'échappait, qu'il ne m'appartenait pas. Alors que je mettais cette enfant au monde avec mon corps et mes tripes.  Et "maman et bébé vont bien", franchement qu'est-ce que ça signifie vraiment ? Je n'ai été que l'ombre de moi-même pendant une semaine, essoufflée et chancelante chaque fois que je me mettais debout. Sans parler des à-coups provoqués par les doigts du gynécologue et qui avaient secoué tout mon corps. Et des déchirures recousues si serrées. Je ressens encore tout cela avec violence...
    Oui ma fille est vivante, je suis vivante, mais doit-on forcément passer par là ?

     

    Dans de prochains articles, vous saurez comment mini L est née de façon tout à fait physiologique et comment je m'y suis préparée. Si ces articles sur l'accouchement ne vous intéressent pas, ne vous inquiétez pas, j'ai aussi des recettes et activités qui arrivent... dès que les rhumes des filles seront finis et que j'aurai retrouvé un rythme de sommeil convenable ! Haha !

     

    Mes sources pour vous dire le moins de bêtises possible :

    Action sages-femmes lors de présentations postérieurs en salle d'accouchement 

    Péridurale ambulatoire : plus qu'une anesthésie

    Péridurale ou rachidienne, le blog de Marie Fortier

    Score de Bromage (bloc-moteur)

     


    6 commentaires
  • Depuis quelques mois, je lis beaucoup sur la parentalité positive et je me rends compte qu'il faut vraaaaaiment s'en imprégner pour réussir à l'appliquer (en tout cas, ça fonctionne comme ça pour moi). Si je ne lis rien pendant plusieurs semaines, les mauvaises habitudes reviennent au galop et j'ai beau savoir la théorie ("respire un coup, Lila, ne réagis pas à chaud !" me dit ma petite voix intérieure, "lâche-prise, il ne se passe rien de grave... accepte les émotions de ta fille, cherche celle qui se cache derrière son comportement !"), dans la pratique, avec la fatigue et tout et tout... Le dragon sort parfois de sa tanière.

    Mais il y a tout de même quelques habiletés qui commencent à bien s'ancrer dans notre quotidien et qui, je dois l'avouer, nous facilitent grandement la vie !! Vous voulez quelques anecdotes ? Suivez les habiletés, j'en posterai régulièrement !

     

    Donner aux enfants ce qu'ils veulent... par l'imaginaire.

    Moment du coucher. Je suis dans la salle de bain en train de mettre une couche à mini L.
    Mlle D est dans la chambre avec son papa. J'entends que ça s'agite là-bas...
    "Mets-ton-py-ja-ma !
    - Nooooon ! Raaaaaaaaaaaah
    - Bon j'en ai marre, je vais souffler dans le salon !

    J'arrive dans la chambre et trouve mlle D en train de sauter sur le lit, en culotte. Je la regarde tranquillement et lui dis "pyjama" (un seul mot suffit).
    "Je voulais mettre ma chemise de nuiiiiit mais papa il veut paaaaas...
    - Il fait froid, tu risques d'avoir froid cette nuit. Tu auras plus chaud avec un pyjama (on explique)
    - Mais j'ai chaaaaaauud...
    Et là je me souviens ! La-dite chemise de nuit est au sale !
    - Bon de toute façon ta chemise de nuit est au sale, je la laverai demain. Mais en attendant tu dois mettre quelque chose pour dormir. Soit ton pyjama à fleurs, soit ton pyjama chats. (offrir un choix restreint) Moi je mets à mini L son pyjama lapins.
    - Mais moi aussi je voulais des lapiiiiiiins !"

    Bon Lila, tu respires un coup et tu trouves une idée !

    "Ok alors mets ton pyjama chats et ensuite je les transformerai en lapins avec ma baguette magique !"

    Elle me regarde interloquée, me dit "d'accord" et se retrouve en pyjama avant même que j'aie terminé d'enfiler celui de sa soeur. J'attrape une baguette de bois sur l'étagère de travaux manuels (merci le mobile de mini L !) et j'improvise une formule "Tagada tsoin tsoin, Bidule chouette et truc machin, voilà des la-pins !"
    - Merci maman !
    Elle saute dans son lit et m'attend pour l'histoire.

    Et ma petite voix intérieure danse la gigue.

    Habileté n°1

     

    ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

     

    11h30, on rentre du square et il est temps de préparer à manger...

    "Maman, j'ai faim, je veux une glace !
    - On n'a plus de glace à la maison, on les a toutes mangées !
    - Mais je veux manger une glace tout de suite !
    - De toute façon ce n'est pas l'heure des glaces et..." (alloooo ! t'as oublié ta leçon ?! rabas-joie, va !)
    Je m'arrête de parler et observe mlle D qui commence à faire la moue. Ça ne présage rien de bon, il est temps de changer de tactique.

    "Tu aimerais bien manger tout le temps des glaces hein ?
    - Oui !
    - On en mangerait à chaque repas ! On ferait des repas de glaces !
    - Oui !!
    - Au petit déjeuner ce serait glace au chocolat, le midi ce serait glace à la tomate...
    - Hein !? Non à la fraise !
    - D'accord. Et au goûter glace à la vanille
    - Oui et le soir glace de toutes les couleurs avec un bâton !
    - Tu aimes beaucoup les glaces de toutes les couleurs avec un bâton...
    - Oui j'adore ça !
    - Tu voudras qu'on en rachète ? Je peux écrire une liste sur le frigo...
    - Oui !!
    - Ok faisons ça !"

    Mlle D grimpe les escaliers quatre à quatre et lance joyeusement un "coucou papa" en entrant dans l'appartement.

    Ouh yeah.

    Habileté n°1

     

    Pin It

    votre commentaire
  • Et voilà, on y est.

    On commence à y voir plus clair, les cartons sont presque tous vidés et les meubles ont presque tous trouvé leur place. Alfredo installe en ce moment même le meuble de cuisine sur lequel nous avons fixé un plan de travail cet après-midi.

    Les filles dorment paisiblement dans le lit familial, après une journée de jeux, de sorties, de rires et câlins de soeurs, entre tétées et couches qui fuient pour mini L et genoux égratignés pour mlle D. Elles ont les bras en croix et je me demande encore comment je vais m'insérer... Mais mon coeur fond en les regardant.

    Et puis il y a le sac à dos dans l'entrée. Avec une tenue de rechange au cas où, des chaussons et un gobelet. Demain on y mettra doudou, en attendant de savoir s'il est le bienvenu...

    Presque tous les vêtements sont marqués à son nom.

    Sa tenue de rentrée est prête, sur le cintre qu'on a accroché au lit de sa soeur, pour faire comme un bonhomme. Ce sera vite enfilé, peut-être même qu'elle aura le temps de jouer avant de partir !

    Demain j'aurai 30 ans.

    Mais surtout, demain, mon premier bébé, ma grande fille qui parle si bien, ira à l'école.

    Je ne peux m'empêcher de repenser à tous ces souvenirs qu'on a déjà emmagasinés avec elle, tout ce qu'elle a déjà vécu. Trois ans et quatre mois et demi... ce n'est rien et pourtant déjà tellement d'aventures !

    Je ne peux m'empêcher de repenser à sa naissance, une épreuve si grande pour elle et moi (qui sera l'objet d'un prochain article, c'est certain). Une épreuve dont on est ressorties à la fois cabossées et grandies. La première plus grande épreuve de ma (nouvelle) vie... Ma vie de maman.

    Et je me rends compte qu'il y a tant de nouvelles vies dans une vie.

    Du renouveau, des projets, du changement... Voilà ce qui nous donne de la motivation et nous rends heureux ! N'hésitez jamais à sortir de votre zone de confort, à vous lancer parfois sur un coup de tête. L'adrénaline, l'excitation, ça fait du bien, c'est bon !

    Nous avons déménagé en un mois - trouver un appartement, déposer le préavis, faire tous les cartons et partir. Avec un bébé d'un mois et demi et une petite fille de trois ans. C'était dur, sportif, ce que vous voulez... Mais je ne regretterai jamais.

    Et nous voilà à découvrir les parcs incroyables des alentours, à nous faire de nouveaux amis, à nous balader à vélos en famille, à apprendre/réviser une nouvelle langue... et à inscrire notre D à l'école.

    Nous avions bien de l'appréhension : "et si elle le vivait mal ?" (Alfredo n'a pas eu une très bonne expérience de l'école...),"et si les autres enfants étaient méchants avec elle ?" (dit celle qui s'est fait lacérer le visage et arracher les cheveux maintes fois en maternelle)...
    Mais on a fini par se dire "et si on faisait confiance à notre fille ?" Elle a déjà deux ans de crèches dans les pattes (dans quatre différentes !!) et n'a jamais eu de mal à s'adapter. Elle aime qu'on lui propose des activités. Elle part du principe que tous les enfants sont des amis potentiels et aime les nouvelles rencontres. Elle sait dire "arrête" quand un enfant l'embête ou la frappe. Et se faire aider de l'adulte. Sans compter qu'elle est continente et s'est même entrainée à bien s'essuyer pendant l'été (ça on n'en parle jamais... c'est pourtant bien important !) Bref elle est archi-prête.

    Et puis si jamais ça se passe mal, on ne va pas tergiverser mille ans. Il y a une belle école alternative dans notre ville, où les enfants poussent comme des fleurs et à un tarif relativement accessible. Cette école me fait rêver...

    Mais en attendant, demain elle ira dans l'école de quartier et je lui ferai un bisou au creux de la main, pour qu'elle l'ait avec elle toute la matinée.

     

    Nouvelle vie

     

    PS : Vous êtes de plus en plus nombreux à passer ici quotidiennement malgré ma longue absence. Merci !!! Le blog m'a beaucoup manqué pendant ces deux mois, mais il y avait tant à faire... Je vais essayer de profiter des matinées pour poster plus souvent. Si mini L me le permet ! Parce que le bien-être de mes filles prime et que je préfère laisser l'ordinateur éteint si elles ont besoin de mon attention. Merci de votre compréhension :)

    Pin It

    2 commentaires
  • Je viens de finir un livre qui m'a fait pas mal réfléchir... Il s'agit de " Développer le lien parent-enfant par le jeu", d'Aletha Solter. Ce n'est pas le livre dont je voulais vous parler précédemment, mais comme on traverse une période bien particulière en ce moment, je voulais vous présenter celui-ci et vous parler un peu de ce qu'on vit avec mademoiselle D.

    Le jeu de régression


    Dans ce livre, Aletha Solter présente neuf formes de jeu qui permettent d'améliorer la relation qu'on a avec son enfant, notamment dans des situations de crise qu'on rencontre au quotidien, ou même de surmonter des épreuves difficiles voire traumatisantes pour la famille.

    Ces neuf formes sont :

    1. Le jeu libre, non dirigé
    2. Le jeu symbolique
    3. Les jeux de cause et effet
    4. Les jeux d'absurdité
    5. Les  jeux de séparation
    6. Les jeux de renversement de pouvoir
    7. Les jeux de régression
    8. Les activités avec contacts corporels
    9. Les jeux coopératifs

    Ici pas de gros traumatisme mais quand même de grands chamboulements avec l'arrivée d'un bébé et un déménagement. Dans le tourbillon de la vie, on n'y fait pas attention, ou alors on se demande pourquoi notre fille est si difficile ces jours-ci, mais si on s'arrête à peine deux minutes, on peut se rendre compte qu'elle se prépare elle aussi, à sa manière, à ces grands événements.

    Aujourd'hui, je vous parle donc du jeu de régression et également du jeu de renversement de pouvoir. Le jeu de régression peut être terriblement agaçant, frustrant, irritant pour les parents mais il est pourtant vraiment bénéfique.

     

    "Je suis ton petit bébé"

    Voilà une phrase que j'entends 100 fois par jour. Que dis-je... 1276 fois plutôt. De quoi me rendre folle. Imaginez un disque rayé qui se met en marche dès que vous ouvrez un oeil. Parce que oui, c'est la première chose que j'entends en me réveillant le matin. Mais aussi 37 fois avant même que j'aie pu m'assoir pour prendre mon petit déjeuner. Je l'entends quand je l'accompagne aux toilettes, que je tiens son t-shirt en attendant qu'elle veuille bien l'enfiler, quand je lui propose un jeu ou une activité, quand je prépare à manger (là, au moins 214 fois), quand je vais moi-même aux toilettes, que je prépare mon sac pour aller au parc, etc etc etc... Jusqu'à ce qu'elle tombe endormie.

    De quoi me rendre folle, oui. Et pourtant. Chaque fois je lui réponds que oui, elle est mon petit bébé (même si elle sait dormir sans couche, manger sans trop se salir, faire de la trottinette, souffler des bulles, dessiner des bonhommes et compter jusqu'à 15). Et dans mes moments les plus tendres, j'ajoute même "que j'aime à la folie ...et pour toujours" (merci Archibald, ceux qui ont lu "Mon amour" comprendront).

    Imaginez...
    "Pourquoi mes parents ont-ils voulu un autre bébé puisqu'ils m'ont, moi ? Je ne suis pas un bon bébé ? Et s'ils aimaient ce bébé plus que moi ? Peut-être qu'il faut que je leur montre comme je suis un super bébé... J'ai peur de trop grandir. Et en même temps j'adore faire des choses de grands. Je veux qu'on me laisse explorer et expérimenter comme je veux ! Mais j'ai aussi tellement besoin de me rassurer et me blottir dans leurs bras..."

    Alors pourquoi repousser ce besoin de réassurance, pourquoi le réprimer ?
    Seulement parce que je me sens terriblement frustrée de voir ma fille faire le bébé ? Parce que ça me fait peur de me retrouver avec deux bébés à la maison ? Parce que je suis fatiguée d'entendre toujours la même phrase en boucle ?
    Justement. Plus je vais dans son sens et plus elle est apaisée. Plus elle s'apaise et moins elle a besoin de ce jeu de régression. Alors allons-y, fonçons !

    L'enfant est toujours dans le jeu, et chaque fois qu'il fait le bébé, il invite son parent à jouer au jeu de régression. A l'adulte de saisir cette opportunité (je vous l'accorde, c'est plus facile de le voir comme une opportunité plutôt qu'une corvée quand on a bien assimilé ce qui se trame dans la tête de l'enfant...). Alors quand j'en ai la possibilité, le temps, l'envie (oui, ça aussi c'est important : ne pas se forcer, car l'enfant le sent) je lui propose différentes situations où elle serait le bébé :

    - donner à manger à la cuillère
    - donner le biberon
    - habiller
    - câliner
    - faire un jeu de nourrice : bascule (type "Bateau sur l'eau"), chatouilles (La p'tite bête qui monte)...
    - bercer
    - envelopper dans une couverture
    - chanter des chansons, des berceuses

    Un jour, alors qu'on prenait le bain ensemble, elle a même mimé avec un petit sourire qu'elle allait téter. Je lui propose négligemment, comme si c'était tout à fait normal. Elle accepte, mets le sein dans sa bouche, reste trois secondes sans aucun mouvement de succion et me dis "et voilà j'ai fini !" avant de retourner à ses jeux de transvasement.

    Alors oui, j'ai un peu peur de la suite, quand bébé sera là. Mais finalement, ma fille exprime très bien son besoin : Maman, aime moi, occupe toi de moi, ne m'oublie pas. Elle me rappelle et saura me rappeler si besoin qu'elle a autant besoin de moi que ce mini bébé. A moi de tout mettre en place pour avoir des temps d'exclusivité avec elle. Je me mets trop de pression ? Peut-être... Mais lire une histoire par-ci, faire un câlin par-là, et sauter sur l'occasion d'une sieste de minibébé pour construire une maison en briques, faire une cabane ou préparer une soupe de pâtes en feutrine/kiwi en bois, ça me semble envisageable :)

    Enfin ça, je vous le confirmerai ou pas dans quelques mois... ^^

     

    "Raaaaaaaaaaah laissez-moi tranquille !"

    D. mets tes chaussures, laisse la chaise où elle est, assied toi correctement, non on ne va pas au parc maintenant il faut faire à manger, lave-toi les mains, enfile ton gilet, frotte tes dents, range les balles, ramasse ce truc que tu viens de lancer par terre, prends un mouchoir pour te moucher, allonge-toi, dessine sur une feuille pas sur la table, on y va, c'est l'heure.

    Ça me fait penser à la chanson "Fais pas ci, fais pas ça !", pas vous ? Même si toutes les formulations sont plutôt positives, on impose quand même beaucoup de choses à nos enfants. Ils ne choisissent pas forcément l'heure du repas, du coucher ou du départ. Tous ne choisissent pas leurs habits ou ne donnent pas leur avis sur la composition des menus (bien sûr, ça dépend des foyers).
    Bref, il y a de quoi se sentir tout à fait inférieur à l'adulte. Et qui dit se sentir inférieur, dit perte de confiance en soi, frustration ou même colère ...et tout ça finit en crise.
    "Mais qu'est-ce qui lui prend !?"

    Exemple : l'enfant a décidé de créer un parcours dans le salon avec toutes les chaises et les coussins. Il est l'heure de se mettre à table, on lui demande les chaises une fois, deux fois, trois fois, pour pouvoir s'asseoir autour de la table. Bon, c'est vrai, on aurait pu lui trouver une super motivation pour coopérer mais on est plutôt fatigué et on ne regorge pas toujours d'idées. Bref, ça se termine en réquisition des chaises et ramassage de coussins rapidos.

    Ok, donc là, l'enfant nous montre les crocs tel un tigre, nous hurle dessus, voire nous tape ou nous montre qu'il veut le faire. Je fais quoi, je rugis plus fort pour montrer qui est le chef ici/je le tape/je le mets dans sa chambre ? Hum... Non :)
    Et si on jouait plutôt ? Voici venir le jeu de renversement de pouvoir ! Histoire de laisser l'enfant reprendre un peu confiance, devenir plus fort que nous et canaliser son énergie. De toute façon, s'il part en crise on va manger froid, alors tant qu'à faire...

    Il montre les crocs, nous crie dessus ? On prend un air apeuré, vraiment craintif et désemparé.
    Il veut nous taper ? On lui propose de nous assommer plutôt avec des coussins : "oh je vois que tu veux me frapper... et si tu me lançais les coussins plutôt ?" Puis on feint de s'écrouler quand il nous touche.

    Dans le jeu de renversement de pouvoir, l'adulte se montre faible, effrayé, maladroit, stupide...

    Le tout est de rire et de faire rire. C'est le meilleur moyen de désamorcer une situation de crise ! Le rire aide à se défouler de l'angoisse issue du sentiment d'impuissance. Et plus l'enfant se défoule de ces émotions douloureuses, plus il peut ensuite coopérer facilement.

    "Allez, je remets les chaises autour de la table... Roooh mais cette chaise est trop lourde, je n'arrive pas à la porter... Raaah je n'arrive pas non plus à la pousser ! Mais c'est pas possible, elle est collée au sol ou quoi ? Tu arrives à déplacer les chaises, toi ?!"

    :)

    Oui, oui, je souris bêtement, car je pense à cette petite fille qui s'empresse de tout ramasser ou ranger plus vite que moi quand je joue ce jeu là. Je dois vous avouer qu'avec mon énorme bidon ça me rend bien service ! 

    Pourquoi je vous parle aussi du jeu de renversement de pouvoir dans cet article ?
    Parce mademoiselle D. n'a pas choisi d'être grande soeur. Et même si la plupart du temps elle est plutôt bienveillante et super-mignonne, elle peut aussi parfois être agacée de cette situation. En tout cas, nous avons du faire face à des crises ces derniers mois, dont nous n'avions pas du tout l'habitude.
    Depuis la lecture du livre d'Aletha Solter, j'arrive mieux à cerner les moments où elle me propose ce genre de jeu, ou alors les moments où je dois absolument lui proposer, pour que l'une ou les deux (ou les trois !) ne montent pas dans les tours.

     

    J'arrête là, je pense que vous avez compris le principe.
    Évidemment, par cet article, je ne veux absolument pas imposer ou prôner un mode d'éducation. Chacun fait de son mieux et nous avons tous nos faiblesses : fatigue, préoccupations, enfance compliquée... Je souhaitais simplement partager avec vous cette lecture, qui m'a permise de mieux analyser certaines situations et de trouver en moi encore un peu plus de patience. Parce que oui, j'essaie d'être bienveillante, mais j'y arrive mieux quand je comprends pourquoi je le fais.

    A très vite

    - Lilaluna -

    Pin It

    3 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique