• Je viens de finir un livre qui m'a fait pas mal réfléchir... Il s'agit de " Développer le lien parent-enfant par le jeu", d'Aletha Solter. Ce n'est pas le livre dont je voulais vous parler précédemment, mais comme on traverse une période bien particulière en ce moment, je voulais vous présenter celui-ci et vous parler un peu de ce qu'on vit avec mademoiselle D.

    Le jeu de régression


    Dans ce livre, Aletha Solter présente neuf formes de jeu qui permettent d'améliorer la relation qu'on a avec son enfant, notamment dans des situations de crise qu'on rencontre au quotidien, ou même de surmonter des épreuves difficiles voire traumatisantes pour la famille.

    Ces neuf formes sont :

    1. Le jeu libre, non dirigé
    2. Le jeu symbolique
    3. Les jeux de cause et effet
    4. Les jeux d'absurdité
    5. Les  jeux de séparation
    6. Les jeux de renversement de pouvoir
    7. Les jeux de régression
    8. Les activités avec contacts corporels
    9. Les jeux coopératifs

    Ici pas de gros traumatisme mais quand même de grands chamboulements avec l'arrivée d'un bébé et un déménagement. Dans le tourbillon de la vie, on n'y fait pas attention, ou alors on se demande pourquoi notre fille est si difficile ces jours-ci, mais si on s'arrête à peine deux minutes, on peut se rendre compte qu'elle se prépare elle aussi, à sa manière, à ces grands événements.

    Aujourd'hui, je vous parle donc du jeu de régression et également du jeu de renversement de pouvoir. Le jeu de régression peut être terriblement agaçant, frustrant, irritant pour les parents mais il est pourtant vraiment bénéfique.

     

    "Je suis ton petit bébé"

    Voilà une phrase que j'entends 100 fois par jour. Que dis-je... 1276 fois plutôt. De quoi me rendre folle. Imaginez un disque rayé qui se met en marche dès que vous ouvrez un oeil. Parce que oui, c'est la première chose que j'entends en me réveillant le matin. Mais aussi 37 fois avant même que j'aie pu m'assoir pour prendre mon petit déjeuner. Je l'entends quand je l'accompagne aux toilettes, que je tiens son t-shirt en attendant qu'elle veuille bien l'enfiler, quand je lui propose un jeu ou une activité, quand je prépare à manger (là, au moins 214 fois), quand je vais moi-même aux toilettes, que je prépare mon sac pour aller au parc, etc etc etc... Jusqu'à ce qu'elle tombe endormie.

    De quoi me rendre folle, oui. Et pourtant. Chaque fois je lui réponds que oui, elle est mon petit bébé (même si elle sait dormir sans couche, manger sans trop se salir, faire de la trottinette, souffler des bulles, dessiner des bonhommes et compter jusqu'à 15). Et dans mes moments les plus tendres, j'ajoute même "que j'aime à la folie ...et pour toujours" (merci Archibald, ceux qui ont lu "Mon amour" comprendront).

    Imaginez...
    "Pourquoi mes parents ont-ils voulu un autre bébé puisqu'ils m'ont, moi ? Je ne suis pas un bon bébé ? Et s'ils aimaient ce bébé plus que moi ? Peut-être qu'il faut que je leur montre comme je suis un super bébé... J'ai peur de trop grandir. Et en même temps j'adore faire des choses de grands. Je veux qu'on me laisse explorer et expérimenter comme je veux ! Mais j'ai aussi tellement besoin de me rassurer et me blottir dans leurs bras..."

    Alors pourquoi repousser ce besoin de réassurance, pourquoi le réprimer ?
    Seulement parce que je me sens terriblement frustrée de voir ma fille faire le bébé ? Parce que ça me fait peur de me retrouver avec deux bébés à la maison ? Parce que je suis fatiguée d'entendre toujours la même phrase en boucle ?
    Justement. Plus je vais dans son sens et plus elle est apaisée. Plus elle s'apaise et moins elle a besoin de ce jeu de régression. Alors allons-y, fonçons !

    L'enfant est toujours dans le jeu, et chaque fois qu'il fait le bébé, il invite son parent à jouer au jeu de régression. A l'adulte de saisir cette opportunité (je vous l'accorde, c'est plus facile de le voir comme une opportunité plutôt qu'une corvée quand on a bien assimilé ce qui se trame dans la tête de l'enfant...). Alors quand j'en ai la possibilité, le temps, l'envie (oui, ça aussi c'est important : ne pas se forcer, car l'enfant le sent) je lui propose différentes situations où elle serait le bébé :

    - donner à manger à la cuillère
    - donner le biberon
    - habiller
    - câliner
    - faire un jeu de nourrice : bascule (type "Bateau sur l'eau"), chatouilles (La p'tite bête qui monte)...
    - bercer
    - envelopper dans une couverture
    - chanter des chansons, des berceuses

    Un jour, alors qu'on prenait le bain ensemble, elle a même mimé avec un petit sourire qu'elle allait téter. Je lui propose négligemment, comme si c'était tout à fait normal. Elle accepte, mets le sein dans sa bouche, reste trois secondes sans aucun mouvement de succion et me dis "et voilà j'ai fini !" avant de retourner à ses jeux de transvasement.

    Alors oui, j'ai un peu peur de la suite, quand bébé sera là. Mais finalement, ma fille exprime très bien son besoin : Maman, aime moi, occupe toi de moi, ne m'oublie pas. Elle me rappelle et saura me rappeler si besoin qu'elle a autant besoin de moi que ce mini bébé. A moi de tout mettre en place pour avoir des temps d'exclusivité avec elle. Je me mets trop de pression ? Peut-être... Mais lire une histoire par-ci, faire un câlin par-là, et sauter sur l'occasion d'une sieste de minibébé pour construire une maison en briques, faire une cabane ou préparer une soupe de pâtes en feutrine/kiwi en bois, ça me semble envisageable :)

    Enfin ça, je vous le confirmerai ou pas dans quelques mois... ^^

     

    "Raaaaaaaaaaah laissez-moi tranquille !"

    D. mets tes chaussures, laisse la chaise où elle est, assied toi correctement, non on ne va pas au parc maintenant il faut faire à manger, lave-toi les mains, enfile ton gilet, frotte tes dents, range les balles, ramasse ce truc que tu viens de lancer par terre, prends un mouchoir pour te moucher, allonge-toi, dessine sur une feuille pas sur la table, on y va, c'est l'heure.

    Ça me fait penser à la chanson "Fais pas ci, fais pas ça !", pas vous ? Même si toutes les formulations sont plutôt positives, on impose quand même beaucoup de choses à nos enfants. Ils ne choisissent pas forcément l'heure du repas, du coucher ou du départ. Tous ne choisissent pas leurs habits ou ne donnent pas leur avis sur la composition des menus (bien sûr, ça dépend des foyers).
    Bref, il y a de quoi se sentir tout à fait inférieur à l'adulte. Et qui dit se sentir inférieur, dit perte de confiance en soi, frustration ou même colère ...et tout ça finit en crise.
    "Mais qu'est-ce qui lui prend !?"

    Exemple : l'enfant a décidé de créer un parcours dans le salon avec toutes les chaises et les coussins. Il est l'heure de se mettre à table, on lui demande les chaises une fois, deux fois, trois fois, pour pouvoir s'asseoir autour de la table. Bon, c'est vrai, on aurait pu lui trouver une super motivation pour coopérer mais on est plutôt fatigué et on ne regorge pas toujours d'idées. Bref, ça se termine en réquisition des chaises et ramassage de coussins rapidos.

    Ok, donc là, l'enfant nous montre les crocs tel un tigre, nous hurle dessus, voire nous tape ou nous montre qu'il veut le faire. Je fais quoi, je rugis plus fort pour montrer qui est le chef ici/je le tape/je le mets dans sa chambre ? Hum... Non :)
    Et si on jouait plutôt ? Voici venir le jeu de renversement de pouvoir ! Histoire de laisser l'enfant reprendre un peu confiance, devenir plus fort que nous et canaliser son énergie. De toute façon, s'il part en crise on va manger froid, alors tant qu'à faire...

    Il montre les crocs, nous crie dessus ? On prend un air apeuré, vraiment craintif et désemparé.
    Il veut nous taper ? On lui propose de nous assommer plutôt avec des coussins : "oh je vois que tu veux me frapper... et si tu me lançais les coussins plutôt ?" Puis on feint de s'écrouler quand il nous touche.

    Dans le jeu de renversement de pouvoir, l'adulte se montre faible, effrayé, maladroit, stupide...

    Le tout est de rire et de faire rire. C'est le meilleur moyen de désamorcer une situation de crise ! Le rire aide à se défouler de l'angoisse issue du sentiment d'impuissance. Et plus l'enfant se défoule de ces émotions douloureuses, plus il peut ensuite coopérer facilement.

    "Allez, je remets les chaises autour de la table... Roooh mais cette chaise est trop lourde, je n'arrive pas à la porter... Raaah je n'arrive pas non plus à la pousser ! Mais c'est pas possible, elle est collée au sol ou quoi ? Tu arrives à déplacer les chaises, toi ?!"

    :)

    Oui, oui, je souris bêtement, car je pense à cette petite fille qui s'empresse de tout ramasser ou ranger plus vite que moi quand je joue ce jeu là. Je dois vous avouer qu'avec mon énorme bidon ça me rend bien service ! 

    Pourquoi je vous parle aussi du jeu de renversement de pouvoir dans cet article ?
    Parce mademoiselle D. n'a pas choisi d'être grande soeur. Et même si la plupart du temps elle est plutôt bienveillante et super-mignonne, elle peut aussi parfois être agacée de cette situation. En tout cas, nous avons du faire face à des crises ces derniers mois, dont nous n'avions pas du tout l'habitude.
    Depuis la lecture du livre d'Aletha Solter, j'arrive mieux à cerner les moments où elle me propose ce genre de jeu, ou alors les moments où je dois absolument lui proposer, pour que l'une ou les deux (ou les trois !) ne montent pas dans les tours.

     

    J'arrête là, je pense que vous avez compris le principe.
    Évidemment, par cet article, je ne veux absolument pas imposer ou prôner un mode d'éducation. Chacun fait de son mieux et nous avons tous nos faiblesses : fatigue, préoccupations, enfance compliquée... Je souhaitais simplement partager avec vous cette lecture, qui m'a permise de mieux analyser certaines situations et de trouver en moi encore un peu plus de patience. Parce que oui, j'essaie d'être bienveillante, mais j'y arrive mieux quand je comprends pourquoi je le fais.

    A très vite

    - Lilaluna -

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  • On m'avait dit...

     

    On m'avait dit qu'une deuxième grossesse est toujours plus fatigante que la première...

    On ne m'avait pas dit que je ferais systématiquement la sieste avec ma fille dès que j'en aurais l'occasion et pas toujours par choix. Ni que je rêverais d'aller me coucher à 21h, même dans ce deuxième trimestre où on est sensées péter le feu, moi qui suis pourtant "du soir" et qui me couche rarement avant 23h habituellement...
    Mais on ne m'avait pas non plus dit que j'apprendrais à lâcher prise, à relativiser et laisser de côté des tâches finalement pas si importantes que ça pour me reposer. Et que je profiterais de ces siestes avec ma fille pour remplir nos réservoirs d'amour ♥

     

    On m'avait dit qu'une deuxième grossesse se voit toujours plus vite que la première.

    On ne m'avait pas dit que ma planche à repasser ma poitrine pourrait reprendre trois tailles de soutien-gorge en moins de deux semaines et que ça serait vraiment très douloureux, notamment dans le dos. Ni que chaque annonce allait faire sortir un peu plus mon ventre jusqu'à avoir l'impression d'être à 6 mois quand j'en étais à 4... On ne m'avait pas dit combien être dans un corps qui change si vite pouvait être déstabilisant. Ne plus se reconnaître, perdre son équilibre et ses repères. Et puis réinventer sa façon se s'habiller avec ce qu'on a ! ^^
    Mais on ne m'avait pas non plus dit que cette période déconcertante passerait vite et que bien vite aussi j'allais de nouveau sentir la vie bouger en moi - j'avais oublié que ça venait si tôt, dis-donc ! Quelle bonne surprise ! ♥

     

    On m'avait dit que parfois on pouvait avoir peur de ne pas aimer ce deuxième bébé autant que le premier. Ou peur de délaisser le premier et trop s'occuper du deuxième.

    On ne m'avait pas dit à quelle point la place est grande dans le coeur des parents. Certes, le bébé n'est pas encore là, mais je sais que je vais l'aimer d'une façon inconditionnelle, tout comme j'aime mademoiselle D. Et je sais que j'aime tellement ma grande fille que je ne l'oublierai pas (même si j'appréhende quand même un peu, en voyant tout le temps que je lui accorde chaque jour et sachant que je ne pourrai bientôt plus lui en accorder autant).
    On ne m'avait pas dit combien un enfant pouvait être bienveillant face à un bébé qui n'est même pas encore né. J'imaginais peut-être un peu de jalousie de la part de mademoiselle D, peut-être un rejet, peut-être une appréhension, une régression... Mais je la vois s'assurer que le bébé va bien, faire une petite caresse sur mon ventre au réveil, un gros câlin-bisou le soir, accourir dès qu'il bouge pour venir lui dire bonjour... ♥

     

    Bon je ne m'emballe pas, on m'a dit que le véritable ressenti du premier enfant face à l'arrivée du deuxième apparaissait quand il comprenait que ce bébé resterai toujours là.

    Mais on ne m'avait pas dit qu'il existe des outils pour se préparer à avoir une fratrie ! Je pense notamment au magnifique livre d'Adele Faber et Elaine Mazlish "Frères et soeurs sans rivalité" qui donne des astuces pour gérer et prévenir les conflits et aide à voir les enfants autrement : naturellement empathiques et qui attendent compréhension et reconnaissance de leurs besoins. Et amour bien évidemment, beaucoup d'amour ♥

     

    Au final, on dit et on entend beaucoup de choses, mais le vivre c'est encore différent.
    Enfin si on peut partager les conseils, les pépites qui aident, les anecdotes qui font rire, juste pour le plaisir d'échanger, c'est bien aussi :)
    Alors n'hésitez pas !


    - Lilaluna -

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  • Nous sommes couchées dans le grand lit de mademoiselle D à papoter dans le noir avant de trouver le sommeil. Elle me raconte ses histoires de crèche, tous les copains qu'elle a, qui mange quoi à midi... et elle me parle du petit J dont la maman passe le midi pour la tétée. Je me dis "tiens, ça fait bien dix jours qu'elle n'a pas demandé le sein !" Je lui propose :

    - Tu veux téter un peu avant de dormir ?

    - Non.

    La réponse est sans équivoque, mademoiselle D en a fini avec l'allaitement. Le sourire aux lèvres, je passe à autre chose et lui parle de la journée du lendemain...

     

    La fin de l'allaitement

     

    Ce sevrage naturel, j'en avais rêvé et j'en parlais sans vraiment savoir à quoi m'attendre.
    Je pense avoir déjà cité ici les recommandations de l'OMS : "Le Programme national nutrition - santé (PNNS) recommande un allaitement maternel exclusif pendant six mois révolus (l'allaitement peut être poursuivi ensuite, avec des aliments complémentaires, jusqu'à deux ans voire davantage). Mais même de plus courte durée, l'allaitement reste toujours recommandé." (http://inpes.santepubliquefrance.fr).
    Et je pars du principe que ce sont des recommandations, donc un conseil donné aux familles, et que chacun décide ou non de le mettre en place chez soi.
    Cette recommandation montre bien qu'un allaitement long peut avoir lieu. Pourtant, plusieurs professionnels de santé ne se sont pas privés de me dire

    "Deux ans et toujours allaitée ? Vous pouvez peut-être penser à la sevrer, là !"
    Je fais quoi...? Je leur parle de mon pote W. allaité jusqu'à 4 ans, et en co-allaitement avec son petit frère ? Un gars en bonne santé, sociable, intelligent, etc...?

    "Non mais là elle ne reçoit plus rien de votre lait, elle n'en a plus besoin pour se nourrir"
    Alors déjà, l'allaitement maternel ce n'est pas uniquement de la nourriture, il y a un côté affectif qu'on met bien vite de côté... Ensuite on peut peut-être parler des anticorps et vitamines qu'elle ne trouve pas forcément toujours dans son alimentation ? Oui quelque part, avec le végétalisme ça me rassure, c'est vrai ;)

    "Un sevrage naturel, ça n'existe pas. Elle voudra toujours téter, à vous de trouver par quoi remplacer l'allaitement". Ah bon... Et bien on va dire qu'elle a trouvé la solution toute seule et je ne sais pas ce que c'est ! Mais ce dont je suis sûre, c'est que si elle ne demande plus, c'est qu'affectivement elle n'en a plus besoin.

    Bon, et si on laissait les femmes un peu tranquilles à part ça..?! Et si on les laissait choisir ce qu'elles veulent : allaitement maternel ou non, allaitement maternel 3 semaines, 3 mois ou 3 ans, allaitement réglé ou à la demande... Je parle des femmes mais je devrais peut-être parler des familles. Beaucoup d'allaitements maternels réussissent grâce au soutien des papas et beaucoup de transitions maternel/artificiel aussi. J'avoue que je commence à en avoir assez de ces personnes qui vous infantilisent, vous prennent de haut et vous font culpabiliser. Si un enfant est visiblement en bonne santé physique et mentale, pourquoi tout remettre en question ? Bien sûr qu'un enfant ne tètera pas jusqu'à ses 12 ans ! Bien sûr qu'un enfant ne demandera plus les bras à 16 ans ! Bien sûr qu'un enfant arrivera à dormir seul à 18 ans ! Alors pourquoi s'inquiéter (et nous inquiéter) autant ?!

    La fin de l'allaitement

    Fanny Vella illustratrice

    Toutes ces remarques des professionnels résonnaient dans ma tête et pourtant je sentais que la fin approchait d'elle-même. Voilà quelques temps que je disais qu'on arrivait doucement vers ce sevrage naturel. Depuis plusieurs mois, mademoiselle D ne tétait plus qu'une fois par jour. A peine 5min le soir, ou alors une tétée un peu plus longue, tôt le matin, pour se rendormir entre nous.
    Puis elles se sont espacées... Avec la rentrée, on a instauré un roulement avec Alfredo pour le coucher et mademoiselle D ne demandait plus le sein que 2-3 fois par semaine, quand c'était moi qui la couchait, mais même pas systématiquement.
    J'étais enceinte déjà, et mes sensations avaient changé. J'avais l'impression qu'elle me mordillait les tétons ou qu'elle n'ouvrait pas assez la bouche. On s'arrêtait, je lui faisais ouvrir la bouche toute grande pour reprendre le sein... en vain. C'était douloureux et elle était très attentionnée : "je fais doucement, hein, maman !" Alors je respirais profondément pour atténuer la douleur. On dit que la grossesse fait baisser la lactation et que c'est peut-être le fait de téter "à vide" qui est douloureux. Mais elle me disait qu'il y avait toujours du lait... Peut-être qu'elle s'est lassée de cette situation, ou peut-être qu'elle n'y trouvait plus ce qu'elle y cherchait auparavant... Comment ça se serait passé si je n'avais pas été enceinte...? Je ne saurai jamais :)

    Bref, mademoiselle D s'est sevrée naturellement, toute seule, sans que j'aie à vivre la crainte de la priver, ni qu'elle me fasse les yeux du chat Potté (souvenir de ma petite soeur, allaitée 15 mois, jusqu'à la reprise du travail de ma mère...). Et sachant que toutes les femmes qui le souhaiteraient ne peuvent pas forcément vivre la même chose (pour différentes raisons : reprise du travail, stress, fatigue, manque de soutien...), je ressens énormément de gratitude pour cet allaitement qui a duré et s'est fini en douceur ♥

    Le sevrage naturel existe. Il est possible, toujours est-il qu'il faut vouloir le vivre. Et ce n'est pas le cas de toutes. Certaines mamans se sentent "à l'étroit" dans cet allaitement qui dure. Il existe une très jolie brochure, Notre bulle, pour accompagner petit à petit les mères et leurs enfants au sevrage.

    La fin de l'allaitement
    Amandine Petit-Martin

    Un dernier mot : le sevrage de l'allaitement maternel n'est pas à sens unique. Parfois la mère se sent prête et pas l'enfant. Et parfois c'est l'inverse. J'ai des amies dont les enfants ont fait la grève de tétée vers 8-9 mois alors que rien ne laissait présager un sevrage. En trois jours c'était terminé et pour elles, c'était vraiment soudain et subi. Gardez en tête qu'être triste de l'arrêt d'un allaitement ne fait pas de vous une mère possessive ou intrusive ! :)

    Et si vous souhaitez en savoir plus et/ou aborder le sevrage sereinement, je vous renvoie vers cet article d'Allaiter aujourd'hui. Je trouve les articles LLL toujours très bien écrits, documentés, bienveillants et ouverts d'esprit. Alors n'hésitez pas à vous perdre un peu de ce côté-là.

    A bientôt pour un article plus créatif ;)

    - Lilaluna -

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  • Dans ma bulle
    Crédit photo : Thibault Chasta

    Voilà deux mois que j'ai disparu de la blogosphère... Il est temps de revenir !
    J'ai eu un énorme besoin de prendre du recul, de me reposer, de me recentrer, de rester dans ma bulle,

    ...et de laisser grandir la petite vie en moi, celle qui me prend toute mon énergie mais qui en même temps me donne tellement confiance pour la suite !
    Un petit être vient agrandir notre famille, et si tout va bien, nous serons quatre fin avril.

    Alors voilà, vous comprenez peut-être ma disparition. Entre la fatigue extrême dès mi-août, les nausées une semaine plus tard, un odorat de compèt' (le jour où tu découvres que tu sais quand une femme a ses règles...) et les hormones qui font les montagnes russes, le blog est devenu tout à fait secondaire !
    Sans parler du nouveau travail qui démarre trop lentement depuis un mois (les joies de l'administratif, n'est-ce pas !), mais sur les chapeaux de roues après les vacances...
    Ah et puis la poussinette qui ne jure que par sa mère pour l'accompagner se laver les dents, mettre ses chaussures, lui lire une histoire, lui dire si ses chaussons sont dans le bon sens, lui faire une tartine, regarder son dessin... On lui rappelle qu'elle a aussi un super papa, mais ça reste usant !

    D'ailleurs la poussinette ne ressemble plus vraiment à un petit poussin... Son surnom lui va de moins en moins et je me dis qu'il est temps de changer. Alors même si ce sera plus long à taper, ce sera mademoiselle D.

    Je m'arrête là pour aujourd'hui, mais je vais essayer de revenir vite et plus régulièrement. Je dois vous montrer tous les tampons gravés depuis juin (haem !), terminer un article sur nos découvertes de l'été et j'ai quelques idées de sujets à traiter dans la rubrique parentalité (tiens donc ?!).

    Alors à très bientôt
    Bisous doux

    - Lilaluna -

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  • Il y a des soirs où poussinette nous dit "bisous !", pose sa tête sur l'oreiller et ne nous calcule plus. Dans ces cas là, on peut sortir tranquillement de la chambre et on sait qu'on a la soirée pour nous.
    Et puis il y a des soirs où...

    "PAS DODO !"
    Ça on l'a entendu un paquet de fois à une période (je ne saurais plus vous dire laquelle, j'ai tendance à occulter ce genre de souvenirs...) et on a bien été forcés de trouver des solutions.
    Si la réclamation ou la façon de la formuler a changé, les solutions fonctionnent toujours et même, on se perfectionne, on en trouve d'autres !

    Donc aujourd'hui on vous livre nos astuces.

    La routine
    Faire en sorte que les soirées se passent toujours à peu près de la même façon (dans la mesure du possible hein, avec un papa présent/absent/présent/absent...). Chez nous, ça donne :
    - repas
    - laver les mains, les dents, la bouille
    - faire pipi sur le pot (oui, oui, on vous en reparle bientôt)
    - enfiler la couche et le t-shirt pour la nuit
    - lire une petite histoire
    - téter/faire un câlin
    - au lit !
    Et là ça marche, mais pas toujours...

    Couchers compliqués...
     
    Routine en images, trouvée sur Pinterest un soir particulièrement compliqué...


    Le livre

    Voilà une astuce que j'utilise surtout pour la sieste, car il y a plus de lumière dans la chambre. J'ai expliqué à poussinette que je lisais un peu pour me détendre avant de dormir. Elle a évidemment voulu faire pareil (c'était le but) et prend donc parfois l'initiative de nous demander un livre.
    On a de la chance, elle ne nous appelle pas quand elle a fini pour en avoir un autre !

    Les chansons
    Depuis sa naissance, poussinette écoutait toujours la même musique pour s'endormir. Mais depuis peu, elle me demande des berceuses. Elle a ses préférées, plutôt par périodes... En ce moment c'est "Le loup la biche et le chevalier" d'Henri Salvadore, aussi connue sous le nom "Une chanson douce" et "Fais dodo Colas mon p'tit frère" (surtout la partie gâteau et chocolat ^^).
    Mais avec mon travail (je donne des ateliers d'éveil musical pour les tout-petits), elle a le choix d'un sacré répertoire et elle commence à s'en rendre compte et à varier ses demandes.

    Rester tout près
    Dans la chambre de poussinette il y a un fauteuil suédois, vous savez, le célèbre Poäng... Je lui voue une adoration car il a sauvé mon sommeil quand j'étais dans un état d'épuisement extrême et que poussinette me rappelait cinq fois minimum par nuit. Il est super confortable alors je n'hésite pas à y passer du temps si besoin. Il m'est donc arrivé d'y passer 45min, le temps que mademoiselle trouve le sommeil. Mais qu'est-ce que j'y fais pendant 45min ?
    Vous avez déjà tricoté dans le noir ? Les habitués du tricot oseront peut-être tenter l'expérience, mais si j'ai un conseil à vous donner, c'est "évitez le point de riz !" Voilà... J'ai passé plusieurs soirée à faire n'importe quoi puis détricoter...
    Sinon, on utilise une veilleuse pour lire sans s'arracher les yeux, ou le rai de lumière du couloir.

    Couchers compliqués...


    S'allonger
    Jusqu'à présent, je n'avais pas osé m'allonger à côté de poussinette, tout simplement parce qu'elle a toujours son petit lit à barreaux et que j'avais peur de casser les lattes. Mais un soir, je suis entrée dans la chambre et j'ai retrouvé Alfredo dans le-dit petit lit. Alors pourquoi pas ?!
    C'est une longue histoire ce lit... Il y a un moment déjà, j'avais retiré le matelas pour le poser par terre et ainsi apporter la touche  finale à la chambre type Montessori de poussinette. Sauf que son lit, elle l'a réclamé. Deux fois nous avons retenté l'expérience, mais j'ai fini par le remonter entièrement, tournevis en main et poussinette déchaînée à 23h30 du soir.
    En général quand on met son lit par terre (c'est arrivé trois fois, donc), poussinette est contente 3h, le temps de se jeter dedans, s'installer pour y coucher sa poupée, lire un livre et basta. Donc on verra quand ça évoluera ...si les lattes n'ont pas craqué avant !

    Prendre le temps
    Comme on travaille pas mal à la maison, on s'y met souvent le soir quand poussinette est couchée. Forcément, quand elle ne veut pas dormir, on bout intérieurement sachant ce qui nous attends encore... Mais c'est bien simple : plus on est pressés de la voir dormir, plus le processus est long !
    Alors il vaut mieux se détendre, et ne pas vouloir aller à contre courant.
    Généralement, c'est le bon moment pour parler avec poussinette, faire un résumé de la journée, revenir sur les moments que nous avons aimé, même les plus simples. C'est une façon aussi de clore les problèmes laissés en suspend : une peur, une frustration, un stress... Notre poussinette s'exprime bien maintenant, et elle est capable de nous parler de ce qui lui pèse. Alors on met des mots, on accepte son émotion, on rassure en cherchant des solutions...
    En général, plus on est détendus et disponibles et plus elle est rapidement paisible et prête à dormir.

     

    Voici quelques solutions un peu folles, que nous utilisions quand poussinette était plus petite :

    - faire des squats en la portant allongée dans nos bras : endormissement et fessiers en béton garantis !

    - s'allonger sur le tapis avec un coussin et une couverture et lui montrer qu'on dort à côté d'elle (et forcément on s'endormait vraiment et on se réveillait cassé en deux)

    - la prendre dans nos bras et dire "bonne nuit" à toutes les pièces de l'appartement et à tous ses jouets

    - la laisser faire sa vie sans lutter pour la mettre au lit et finir par la coucher complètement épuisée quand elle s'avouait vaincue (ça c'est quand on ne travaillait pas et qu'elle n'allait pas à la crèche, ou pendant des vacances...) Et dans le même genre :

    - se lever quand elle avait décidé que sa nuit était finie... à 4h30 du matin, pour finalement se recoucher ensemble à 6 ou 7h (possible quand on ne travaille pas le lendemain).

    Et vous, qu'avez-vous trouvé comme solution pour coucher des bébés et des bambins récalcitrants ? :)
    On est bien curieux de connaître vos méthodes...

    - Lilaluna -

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